II. Le guerrier
Louis IX, élevé par une pieuse et virile chrétienne, met son épée au service de la justice, de l'honneur et du droit. Roi de France et roi très chrétien, il fait la guerre au profit de la patrie et au profit de l'Eglise.
Les Anglais occupent indûment quelques-unes de nos plus belles provinces. Louis IX les bat au pont de Taillebourg, les poursuit jusqu'à Saintes, et les eût chassés complètement du territoire, si la maladie ne l'eût ramené dans ses Etats. C'est dans cette maladie qu'il fait le vœu d'aller combattre les musulmans.
Il entreprend la septième croisade, débarque à Damiette, culbute l'armée turque, marche sur le Caire. Prisonnier des Turcs, il étonne ses ennemis par sa grandeur d'âme, et après quatre ans de séjour dans les Lieux saints il est ramené en France par la mort de Blanche de Castille. Puis, à la fin de son règne, il organise la huitième et dernière croisade, et jusque dans sa mort il fait resplendir ces deux choses si bien faites pour se comprendre et qui résument toute notre histoire nationale : la vaillance et la foi.
Saluons, Messieurs, en saint Louis l'alliance de la foi chrétienne et des vertus militaires ! Cette alliance est chez nous une tradition glorieuse qui
n'est pas près de finir. La croix et l'épée sont les deux symboles du dévouement, et le soldat qui est appelé à verser son sang pour la patrie comprend d'instinct le divin Crucifié qui a versé son sang pour rimmanité. Illustre dans la guerre, Louis IX s'est signalé plus encore dans les œuvres de la paix, et en lui le législateur dépasse le guerrier.