‹ L'église et son œuvre (volume 2)Chapitre 92 sur 133 · III. Les saints du XVIe siècle · texte numérisé non relu

III. Les saints du XVIe siècle

Au xvie siècle le Temple penchait vers sa ruine. L'Eglise allait succomber. Et tout à coup on voit surgir, comme un chœur antique, le groupe brillant de ceux que Dieu charge de tout sauver. Laissez-moi vous montrer quelques-unes de ces grandes et belles ligures.

En Italie, c'est saint Pie V, qui fait asseoir avec lui surletrône de Saint-Pierre la pauvreté, l'humilité, la pénitence. Et à côté de lui saint Charles Borromé<\ archevêque de Milan à l'âge de vingt-trois ans, homme de science, de zèle, de charité, réformateur

de son diocèse selon les prescriptions du concile de Trente; saint Philippe de Néri, le fondateur de l'Oratoire, saint Louis de Gonzague, saint Stanislas Kostka, et tant d'autres.

En Espagne, c'est saint Ignace, le fondateur de l'immortelle Compagnie de Jésus, avec saint François-Xavier, l'apôtre des Indes et du Japon, et saint François Borgia qui, détaché du monde, devint l'une des plus pures gloires de l'Institut des Jésuites. C'est saint Thomas de Villeneuve, dont Charles-Quint admirait la science et les vertus. C'est saint Pierre d'Alcantara, qui introduisait dans l'Ordre des Franciscains une réforme approuvée par Jules III. C'est saint Jean d'Avila, auteur ascétique de si grande lumière et si haute vertu, qui dirigea dans les voies spirituelles l'incomparable sainte Thérèse. Sainte Thérèse, cette grande réformatrice du Carmel, l'héroïque servante du Dieu crucifié, qui résumait toute sa vie en ces deux mots : « Ou souffrir ou mourir ! » et saint Jean de la Croix, associé à sainte. Thérèse dans ses vertus et dans son œuvre.

Et, en France, c'est saint François de Sales, sainte Chantai, saint Vincent de Paul, et une pléiade de saints personnages qui vont illustrer le siècle de Louis XIV.

Et voilà que jusque dans le monde nouveau, en Amérique, apparaît la première fleur de sainteté, l'aimable et chaste Rose de Lima.

Quelle réponse aux avanies d'un moine apostat ! Quel soufflet retentissant infligé à la prétendue Réforme ! On disait le Temple prêt à crouler, on criait : « L'Église se meurt, l'Eglise est morte. » Et voilà la vie qui ruisselle de son sein, voilà une explosion d'héroïsme et de sainteté comme les âges antiques n'en ont pas vu; voilà les saints et les saintes qui embaument le monde de tous les parfums à la fois !

Amen !

SIXIÈME CONFERENCE

L'Église et le Protestantisme

(suite)

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