‹ L'église et son œuvre (volume 2)Chapitre 93 sur 133 · LE CONCILE DE TRENTE · texte numérisé non relu

LE CONCILE DE TRENTE

Messieurs,

Aux attaques et aux ruines du Protestantisme l'Eglise a opposé de grands Papes, des Ordres religieux puissants et des saints incomparables. C'était une première réponse de la vérité à l'erreur, et cette réponse ne manquait pas d'éloquence. Il y en eut une seconde plus énergique encore. A la prétendue Réforme, l'Eglise opposa la vraie réforme dans le concile de Trente. Nous allons nous arrêter aujourd'hui en présence de ce grand événement.

Mais d'abord veuillez remarquer dans l'Eglise une puissance qui lui est particulière, qu'elle est seule à posséder : la puissance de se réformer ellemême. Quand vous lisez l'histoire des peuples, vous les voyez monter et descendre, et, quand ils descendent, la chute commencée ne s'arrête plus. Les institutions fléchissent avec les mœurs; des hommes sinistres arrivent au pouvoir, qui n'ont d'autre

souci que d'abaisser la justice et ]a loi au niveau de la corruption publique. La décadence va son train jusqu'au jour où un peuple jadis puissant et honoré vient se coucher définitivement dans ces muets abîmes où dorment les choses finies. Seule de toutes les sociétés, l'Eglise possède cet inappréciable et unique avantage que, par une vertu propre à sa vitalité, elle peut remédier à la corruption qui envahit ses membres et faire succéder aux périodes de décadence et de ténèbres les périodes de lumière et de progrès. Que de fois n'a-t-on pas vu cela dans l'histoire ! On a vu après le siècle de fer Grégoire VII imprimer à l'Eglise un généreux élan, qui a été le signe avant-coureur du glorieux pontificat d'Innocent III et des splendeurs du xme siècle. On a vu après les tristesses du schisme d'Occident Vincent Ferrier remuer l'Espagne et la France par ses prodiges et son austère prédication, et Catherine de Sienne aplanir les chemins par où la Papauté rentra dans la Ville Eternelle. Et de même, après les imprécations de Luther contre l'Église qu'il appelle la grande prostituée, on a vu cette prostituée enfanter les plus admirables saints et décider la tenue du concile de Trente. Tout semblait mort sous la poussée du Protestantisme, et tout ressuscite sous l'action du concile de Trente, qui, selon l'expression d'un écrivain protestant, Macaulay, « renouvelle tout dans l'espace d'une vie d'homme, depuis le Vatican jusqu'au dernier ermitage des Apennins ».

Etudions les péripéties, les travaux, les résultats du concile de Trente.

Page 1