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Et, après avoir ouvert à l'Europe le chemin des

colonies, l'Eglise lui apprit encore à les fonder, à les conserver et à les faire fleurir. C'est ce qu'elle fit par ses missionnaires. Et ici, il faudrait vous raconter la civilisation coloniale par les ordres religieux. Un jour, Messieurs, nous avons été la première nation du monde par notre marine et nos colonies. C'était au xvne siècle, alors que nous étions la nation catholique par excellence. Puisse la France reprendre bientôt sa place et sa mission dans le monde ! Puisse-t-elle bientôt retrouver, avec la splendeur de la foi, tout son prestige au dehors et toute sa grandeur coloniale.

Puisque je vous parle de l'Eglise dans ses rapports avec le commerce, laissez-moi finir par un fait bien significatif qui remonte au commencement du xixe siècle. C'était en 1806. Napoléon avait vaincu l'Europe ; il voulut frapper à son tour l'Angleterre et il décréta le Blocus continental. C'était la ruine du commerce pour la satisfaction d'un homme, et c'était une injustice colossale. L'Europe entière courba le front. Un seul homme protesta en faveur du droit et ouvrit ses ports aux Anglais. Cet homme, c'était le pape, c'était Pie VII, et je ne sais pas au monde de spectacle plus beau que cette affirmation de la conscience et du droit s'élevant au-dessus de tout esprit de parti en face de la force et de tous les dangers. Dans ce duel du faible contre le fort, de Pie VII contre Napoléon, le pape fut vaincu.

Napoléon réunit Rome à ses Etats ; il fit enlever le pape et le fit transporter à Fontainebleau, où il resta prisonnier jusqu'en 1814. Mais la crainte ne pouvait empêcher l'Eglise de proclamer le droit et

la vérité. L'Eglise, Messieurs, a toujours été et restera toujours la grande école du mépris de la force, la grande école de la liberté, la grande école du vrai et du bien ; aimez-la donc et chantez-la.

Amen!

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