DANS L'ORDRE DOMESTIQUE
PREMIÈRE CONFERENCE Les lois du mariage
Messieurs,
Nous avons étudié les bienfaits de l'Eglise dans l'ordre intellectuel, dans l'ordre moral et dans l'ordre matériel, et en présence de ce triple spectacle vous avez senti naître et grandir en vous le sentiment de l'admiration et de la reconnaissance. Est-ce tout? Non. Nous sommes à peine à la moitié de notre course. De nouveaux horizons pleins *de lumière sollicitent notre attention et vont charmer notre pieuse curiosité. Qu'ils viennent donc ceux qui ont quelque souci de la vérité, ceux qui se plaignent de n'avoir pas la foi et qui ont un vague désir de la retrouver ! Nous avons la sainte audace de leur promettre la possession du vrai dans un déluge de lumière.
Nous allons parler des bienfaits de l'Eglise dans l'ordre domestique, de l'influence de l'Eglise sur la famille. La famille... c'est tout, c'est la molécule essentielle du corps social. Si,- dans une nation, la grande majorité des familles a des idées perverses
et un sang appauvri, l'État aura beau perfectionner ses lois et ses institutions, il aura beau faire des prodiges de génie dans la science et l'industrie, la société sera misérable et dégradée ; elle n'offrira que des esprits abaissés, des criminels et des malfaiteurs, et enfin des bras prêts à porter toutes les chaînes, parce qu'ils sont impuissants à porter une épée. Au contraire, supposez dans la majorité des familles, des tempéraments de fer et des caractères inébranlables, au service de convictions saines et droites, et vous aurez trouvé un levier capable de soulever le monde. Ce que les sources sont aux fleuves, la vie domestique l'est à la vie sociale, la famille à la patrie.
Mais la famille elle-même, où prend-elle sa source? Dans l'union conjugale, et il faut que je vous montre d'abord comment l'Eglise a réhabilité l'union conjugale. La nature même du sujet exigera de moi quelquefois que je touche à des points délicats. Ne craignez rien. Je n'ai pas l'habitude de vous cacher la vérité, et je vous la dirai tout entière en restant bien entendu dans les limites consacrées par la langue chrétienne et commandées par le respect que je vous dois. J'ai l'intention aujourd'hui de vous dire deux choses : 1° ce que l'Eglise pense
du mariage ; 2° ce que l'Eglise a fait pour sauvegarder les lois du mariage.