I. L'épouse étrangère à l'Église
L'épouse, dans le paganisme, inspire compassion. Elle est la servante et l'esclave de l'homme, le jouet de ses caprices, la victime de sa tyrannie, l'instrument de ses plaisirs. Elle se prête, se cède, s'échange
comme un meuble ou un vil bétail. Elle est dégradée par l'inceste, la répudiation, la prostitution religieuse ou légale, la vente et le commerce qu'on en fait. Et, entre toutes les plaies qui la rongent et la déshonorent, il faut signaler surtout la polygamie et le divorce. Oh ! qu'ils sont imprudents ou criminels ceux qui veulent chasser Jésus-Christ et nous ramener au paganisme ! Qu'était le paganisme sinon de la boue et du sang, sinon le règne triomphant de la pourriture et de l'iniquité? La lecture des diverses législations païennes est une révélation perpétuelle de la situation ignominieuse faite à la femme. On la maltraite, on la déclare incapable de succéder à son père et à sa mère, incapable de tester, incapable d'exercer la tutelle sur ses propres enfants. On la répudie. « Elle était venue jeune et belle, dit Lacordaire, on la renvoie flétrie par l'âge ou l'infirmité, comme un meuble dont on se défait quand il est fêlé par l'usage ou qu'on s'ennuie de le voir chez soi... » « Bien plus encore, ajoute-t-il..., la simultanéité dans le mariage, des troupeaux de ces êtres si dignes devant Dieu et devant notre cœur, des troupeaux de femmes enfermées comme un bétail entre des murailles, et devenues, dans l'ennui de leurs jours et de leurs nuits, la proie je ne dirai pas d'une affection, mais la proie d'un moment au milieu de siècles d'oubli! » Telle était l'épouse dans le paganisme.
Et depuis, en dehors de l'Évangile, a-t-elle un
meilleur sort? Le musulman, venu six siècles après l'Evangile, a-t-il rendu à la femme sa dignité ? Pas du tout. Bestial et tyran comme le païen, le musulman a claquemuré la femme dans les murailles de la captivité et du mépris; il a entassé là dans ses sérails les objets de sa lâche convoitise. « Le spectacle des mœurs musulmanes chez des peuples qui ne manquent pas de grandeur native est un avertissement de la Providence à la femme chrétienne tentée d'apostasie par la sévérité de l'Évangile; elle y apprend ce que coûte l'amour qui n'est pas sous la protection de Dieu, et ce que devient l'adoration de l'homme le lendemain du jour où il n'adore plus Jésus-Christ. Elle y apprend le degré de bassesse où elle descend dès que Jésus- Christ n'a plus la main sur l'homme pour le contenir, le purifier, pour contenir et purifier sa compagne et les rendre tous deux un sanctuaire d'amour fidèle et respectueux. » Voilà la femme étrangère à l'Église. Dès que l'Evangile est absent, vous n'avez plus que la bête humaine qui hurle après la liberté brutale, et l'épouse désarmée, découronnée, dépouillée de son divin prestige, n'est plus qu'une proie que se disputent tour à tour la servitude et l'infamie. Reposons nos regards sur un meilleur spectacle.