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III. L'épouse hostile à l'Église

D'abord la femme devenue impie va loin dans l'impiété. Elle ne tarde pas à dépasser l'homme. C'est un fait d'expérience. Elle ne se contente pris

généralement de renier les vérités qu'elle avait professées et de se donner corps et âme à l'erreur. Elle ressent comme une haine et une fureur contre cette vérité et, pour cette doctrine fausse dont on Ta nouvellement imbue, un amour qui va jusqu'à la passion. « Le temple l'importune, et son impiété voudrait anéantir le Dieu qu'elle a quitté. » Elle suit jusqu'au bout les principes de l'irréligion. Pendant que l'homme se contente d'un assentiment général et d'une adhésion platonique, elle frémit d'indignation, elle trépigne d'impatience; elle se livre à tous les excès de paroles et emportements de discours ; elle ne sait pas garder cette attitude correcte, ce faux-semblant d'impartialité, cette bienveillance extérieure au moyen desquels les impies les plus tenaces se déguisent si facilement devant les bonnes âmes. Ah ! le libre penseur doit y regarder de près, doit y regarder à deux fois avant de s'unira une femme qui lui ressemble, avant de déchaîner dans l'âme de sa pieuse compagne la tempête de l'impiété. Qu'il le sache bien... La femme a besoin de croire et d'aimer, elle a besoin de Dieu, de la prière, des espérances immortelles de la religion ; elle en a besoin pour son esprit, pour son cœur, pour sa volonté, pour son imagination; le jour où cette vie de son âme lui est retirée, elle la remplace par la passion du doute et les fureurs de la haine... et c'est affreux !

La femme devenue impie perd ses dons les plus

■exquis, qui se corrompent et deviennent un immense danger. Sa beauté est un piège dont on peut tout craindre ; son esprit est un fléau dont la puissance de contagion empoisonne le foyer et ses alentours ; son cœur est une proie promise à la frivolité et au plaisir. 0 choses exquises, quand vous vous corrompez, vous devenez les pires : corruptio oplimi pessima!

Et enfin quels enfants va-t-elle élever cette femme qui s'est livrée à l'impiété et qui déjà y a perdu ses qualités natives? Ah! c'est ici que nous entrons dans l'abomination de la désolation. Elle éloigne de ses enfants les pensées et les sentiments chrétiens qui développent et fortifient si puissamment dans les jeunes cœurs les instincts vertueux. Elle ne leur dit plus : « Mon fils, ma fille, agenouille-toi et prie avec ta mère ! » Et la pure et naïve prière de l'enfance disparaît du foyer; cette prière, dont le poète a si bien parlé, se tait désormais sur les lèvres glacées de la famille ; on ne voit plus

Tous les petits enfants, les yeux levés au ciel, Disant à la même heure une même prière, Demander pour nous grâce au Père universel.

« Oh! s'écrie ici Mgp Dupanloup, vous qui avez le malheur de ne plus prier,» laissez donc au moins les enfants prier avec leurs mères ! Ayez pitié de vous-mêmes, et ne profanez pas ce que vous avez

de meilleur au monde. Dussiez- vous- me répondre : « Vous me parlez une langue qui n'est pas la nôtre », je m'obstinerai à vous la parler; car, vous vous trompez, c'est aussi la vôtre ; c'est la langue du cœur et de la nature ; vous êtes pères et tout ce que Dieu a mis dans un cœur paternel de délicate et profonde tendresse n'est pas éteint en vous. Vous avez beau être incrédules, qu'avez-vous trouvé sur la terre, je vous le demande, de plus charmant et de plus digne de tout respect qu'une jeune enfant chrétienne ressemblant de loin à cette fille de Judée qui se nomme la Vierge? Avez-vous rêvé, avez- vous rencontré ici-bas une créature plus aimable, et pouvez-vous d'un cœur sec la voir agenouillée, les mains jointes, le regard au ciel, et priant pour vous ? » Or, Messieurs, avec une épouse impie, le foyer ne voit plus ce spectacle. L'épouse hostile à l'Eglise est la souveraine calamité du mari et des enfants.

Amen !

HUITIEME CONFERENCE

La Mère

Messieurs,

L'Eglise a réhabilité l'épouse. Elle a réhabilité la mère. Tous, qui que nous soyons, quand nous remontons le fleuve de nos souvenirs, nous rencontrons à la source de notre vie, penchée sur notre berceau, épiant nos premiers sourires et nos premiers bégaiements, façonnant notre enfance dans ses sueurs et dans ses larmes, une créature bénie, une femme exquise, une mère, auprès de laquelle languissaient notre reconnaissance et notre amour. Et nous nous écrions avec saint Augustin converti : « C'est à ma mère que je dois d'être ce que je suis! » L'honneur, la richesse et la joie des foyers domestiques, c'est la mère chrétienne, la mère selon le cœur de Dieu. Il ne saurait vous déplaire, Messieurs, d'entendre chanter les gloires de la mère de famille et de voir de près : 1° ce que la mère de famille doit à l'Église ; 2° ce que l'Église doit à la mère de famille.

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