I. L'enfant dans le paganisme
Il y a quelques semaines, me trouvant auprès d'un homme intelligent et instruit, je l'entendais me soutenir cette thèse étrange que la religion chrétienne n'était que la suite naturelle, la conclusion légitime et l'évolution définitive du paganisme. Cet homme parlait sérieusement. Et, pourtant, la vérité m'oblige à dire qu'il énonçait en
beau langage une futile plaisanterie. Entre le paganisme et le christianisme, il y a un abîme, il y a la distance de la nuit au jour, de la boue au rayon de soleil. Car non seulement le paganisme n'a pas produit le christianisme, mais le paganisme a fait tout ce qu'il a pu pour tuer le christianisme : témoins les millions de martyrs qui sont tombés sous la faulx sanglante et impitoyable de la persécution païenne, D'ailleurs, si vous entendez quelquefois émettre devant vous cette affirmation baroque qui fait du christianisme la continuation normale et l'épanouissement logique du paganisme, servez-vous du moyen facile de réfutation que je vais vous offrir et qui consiste simplement à raconter l'état de l'enfance dans l'antiquité. Pendant quarante siècles, les enfants ont été l'objet du mépris des sages et de l'insouciance des législateurs, les victimes des mœurs les plus viles et des plus impitoyables lois. C'a été de toutes parts un horrible empressement pour les vendre, les exposer, les prostituer, les tuer.
Les Perses se servaient de leurs enfants comme esclaves. Vous n'ignorez pas ce que les Egyptiens firent aux enfants mâles des Hébreux, comment ils les noyaient dans les eaux du Nil. Et en Phénicie ? On plaçait un certain nombre d'enfants dans une statue de fonte du dieu Moloch ; on amoncelait des fagots de bois'autour de cette statue et on y mettait le feu. Les Perses, les Égyptiens et les Phéniciens,
dites-vous, n'étaient pas civilisés. Hélas ! les Grecs et les Romains ne valaient pas mieux.
Ecoutez les apologistes chrétiens. Ils nous disent ce qu'ils ont vu de leurs yeux et touché de leurs mains. Tertullien, s'adressant aux premiers magistrats de l'Empire, leur disait : « Parmi tous ces hommes qui m'entourent et qui ont soif du sang des chrétiens, parmi ces juges si rigoureux envers nous, y en a-t-ii qui n'aient pas donné la mort à leurs enfants, qui ne les aient pas noyés, fait périr de faim, de froid, de misère, jetés en pâture aux chiens et aux vautours? » Et sous cette parole accusatrice, sous ce fer chaud qui leur brûlait le visage, que faisaient les païens? Ils protestaient sans doute, ils criaient au mensonge, à l'exagération? Non. Ils se taisaient. — « Faire mourir vos enfants, disait Lactance après Tertullien, c'est votre crime le plus fréquent, mais c'est aussi de tous le plus impie ; car, enfin, si Dieu leur a donné une âme, c'est pour vivre, ce n'est pas pour mourir. » — Saint Justin, parlant de ces malheureux petits enfants et de l'affreuse prostitution pour laquelle on les réservait, nous apprend « qu'on les nourrissait par troupeaux comme des boucs, des chèvres, des brebis, dans des étables humaines. » Et le célèbre avocat romain, Minutius Félix, flétrit « ceux qui exposent leurs enfants aux bêtes féroces ou aux oiseaux de proie, ou qui ont eux-mêmes la barbarie de les étouffer et de les écraser. » Or, les païens, accusés
publiquement de pareilles horreurs, n'ont pas contesté la réalité des faits incriminés, et, de plus, ces faits incriminés se trouvent consignés dans la législation et les philosophes de l'antiquité.
Les législateurs les plus vantés et les plus sages de Sparte, d'Athènes, de Rome, se rencontrent ici dans les mêmes atrocités. A Sparte, lorsqu'un enfant vient de naître, on délibère d'abord de sa vie ou de sa mort ; s'il est d'une complexion vigoureuse, il vivra ; s'il est faible ou difforme, on le jettera dans le gouffre du mont Taygète. Et Plutarque, qui nous raconte ceci, ne s'en émeut pas. Il ajoute seulement que, « quant à ces enfants qui n'ont ni santé ni force, il n'est bon ni pour eux, ni pour l'Etat qu'on les laisse vivre ». — Dans l'élégante Athènes, les lois de Solon autorisent formellement le meurtre des enfants. Le nouveau-né est jeté du sein de sa mère aux pieds de son père. Si le père le relève dans ses bras, il sera préservé de la mort; si le père détourne les yeux, on l'expose ou on le tue. — A Rome, le meurtre était quelquefois différé jusqu'à l'âge de trois ans. Mais, les trois ans accomplis, le père tuait l'enfant en invoquant les dieux du foyer. Les lois des Douze Tables disent formellement : « Si l'enfant est contrefait, que le père sans délai, sans formalités, luimême, de sa main, tue l'enfant, — puerum, pater, cito necato, — et, s'il est faible, qu'il l'expose. » Et ces enfants exposés, que devenaient-ils ? La plupart
du temps, ils périssaient de froid ou de faim. Ceux qui survivaient étaient exploités par quatre espèces d'industriels : parles pourvoyeurs des lieux infâmes, par les lanistes qui les élevaient pour les jeux sanglants du cirque, parles magiciens qui se servaient du sang de ces innocentes créatures pour d'horribles breuvages, et enfin par les mendiants qui les estropiaient afin de spéculer sur la pitié des passants. Il me répugne, Messieurs, de vous dire ces affreux détails, comme à vous de les entendre. Et cependant, puisqu'après dix-neuf siècles de christianisme vous rencontrez des hommes qui vous font l'apologie du paganisme, il faut bien que vous puissiez leur répondre, et les convaincre d'imposture ou d'illusion. Il faut bien que vous sachiez que les mœurs infâmes dont je viens de vous dire un mot étaient non seulement reconnues et autorisées par les lois,
Mais justifiées et préconisées par la philosophie. « On punit de mort les scélérats, dit Sénèque, du même droit qu'on assomme les chiens enragés, qu'on tue les bœufs farouches, qu'on étouffe les monstres et qu'on noie ses enfants quand ils naissent faibles et mal conformés. C'est du bon sens. » Voilà le paganisme. Les scélérats, les chiens enragés, les bœufs farouches, les monstres et les pauvres enfants, tout cela est mis sur le même rang et condamné au même sort. Il faut les tuer, et c'est la raison, c'est le droit, le même droit qui les tue. Et
ce droit infâme, c'est le fond de l'ordre moral et social, c'est la législation qui le consacre, c'est la philosophie qui le célèbre... Après cela, s'il y a des hommes qui trouvent que le paganisme était beau, qu'il était une fleur dont le christianisme n'est que le fruit, convenez avec moi que ces hommes ne sont pas difficiles, et qu'ils ont, pour raisonner, un cerveau étrangement déformé. 0 mon Dieu, à quels abîmes de démence ne va-t-on pas, quand on a peur de la vérité ? Oui, des hommes quelquefois instruits et intelligents aimeront mieux dévorer les plus fortes absurdités plutôt que d'adhérer à la religion chrétienne. Ils flairent dans le christianisme des mystères qui révoltent leur orgueil et une morale qui condamne leurs passions, et, sans même avoir le courage et la sincérité d'examiner le christianisme, ils lui disent : « Va-t-en ! va-t-en ! » Pourquoi donc? Ils devraient ajouter : « Parce que j'ai peur de toi ! » « Les absurdités où ils tombent en niant leur religion, dit Bossuet, deviennent plus insoutenables que les vérités dont la hauteur les étonne ; et, pour ne pas vouloir croire des mystères incompréhensibles, ils suivent l'une après l'autre d'incompréhensibles erreurs. »
Vous savez maintenant, Messieurs, ce que le paganisme pensait et faisait des enfants. Aux yeux de ses parents et des sages, l'enfant n'était qu'un instrument dont la valeur se mesurait aux services qu'on en attendait, et rsn so^t était décidé en vue
du seul intérêt de la famille et de l'Etat. Je sais bien qu'un poète païen, Juvénal, a écrit cette belle parole : « Maxima puero debetur reverentia ; On doit aux enfants les plus grands égards. » Mais ce vers qui fait honneur à la nature humaine ne détruit pas les horreurs que je vous ai racontées, et d'ailleurs, quand il est tombé de la plume de Juvénal, le christianisme commençait à pénétrer le monde ancien de ses maximes, et les poètes comme les philosophes trouvaient bon de se les approprier. Il reste prouvé que le paganisme livré à lui-même a été abominable à l'égard des enfants. Tout va changer. Voici Jésus-Christ qui va réhabiliter l'enfant.
IL L'enfant dans l'Evangile.
1° Jésus-Christ réhabili te l'enfant d«7?ss« personne. Le voyez-vous, notre divin Christ, dans un coin de la Judée, à Bethléem, sur la paille d'une étable, entre sa mère Marie et son père nourricier Joseph? Le voyez-vous ? Il aurait pu entrer dans le monde par l'arc de triomphe des grandeurs humaines ; il y entre par la porte basse de l'humilité. Pourquoi? Que fait-il là ? Lui qui est Dieu, pourquoi est-il ainsi rapetissé ? Ah ! comprenez et adorez ce mystère. Le Christ dans sa naissance réhabilite l'enfance. Il couvre l'enfant de sa divinité comme d'un manteau de gloire. Il imprime au front de l'enfant
l'onction même de Dieu et, couché sur la paille, sur ce trône nouveau où viennent pourtant le reconnaître les rois, il crie à l'humanité : « 0 hommes, regardez-moi bien ; je ne suis qu'un enfant, mais je suis Dieu ; apprenez à respecter en moi l'enfance réhabilitée et divinisée ! » Du jour où cette parole de transfiguration et d'apothéose s'est envolée de l'étable de Bethléem à travers le monde, l'enfant a été aimé, l'enfant a été respecté, l'enfant a été sauvé ; et de nouvelles destinées ont commencé pour lui. Qu'importe que l'enfant soit pauvre? Le Christ est né pauvre. Qu'importe que l'enfant soit faible ? Le Christ est né faible. Le Christ a réhabilité l'enfant dans sa personne.
2° Il l'a réhabilité par sa parole. Vous avez entendu les philosophes et les législateurs de l'antiquité. Ecoutez maintenant Jésus-Christ, et constatez que de Lui au paganisme il y a la distance du jour à la nuit. Un jour, ses disciples lui demandent : « Qui donc est le plus grand dans le royaume des ci eux? » Et Jésus, prenant un petit enfant, le plaçant au milieu de ses disciples, leur dit : « En vérité, si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Quiconque se fait petit comme cet enfant est le plus grand dans le royaume du ciel; et celui qui reçoit un de ces enfants en mon nom me reçoit. Et pour quiconque scandalise un de ces petits il vaudrait
mieux qu'on lui liât une meule au cou et qu'on le jetât dans la mer. » Quel langage nouveau, étrange, sublime ! 0 païens, ces enfants, vous les tuez, vous les exposez, vous les prostituez... et Jésus-Christ se tournant vers vous s'écrie : « Insensés, vous n'y entendez rien ! Ces enfants, il faut leur ressembler, il faut les respecter ! « Laissez-les venir à moi ; Sinite aparvulos ventre ad me! » Ne repoussez plus dans la mort ces êtres charmants, ces âmes immortelles que j'ai faites à mon image et à ma ressemblance! Je suis leur Père et leur Dieu ! Je vous défends de les toucher. Si vous les blessez, c'est moi-même que vous blessez. Si vous les scandalisez, vous êtes des misérables, et moi qui suis la bonté infinie et l'infinie douceur je déclare que vous méritez d'être noyés dans la profondeur des océans! » Voilà, Messieurs, les paroles du Christ, et c'est par ces paroles tendres, puissantes, sublimes que le sens humain a été refait, assaini, illuminé, que les entrailles et le cœur de l'homme ont été régénérés, que le paganisme aété vaincu, et qu'on a vu un jour meilleur se lever sur l'humanité et sur la tête des enfants.
3° Le Christ a réhabilité l'enfant dans sa personne, par sa parole, et encore par ses actes. Ce qui est beau, ce qui est ravissant dans l'Evangile, c'est de voir comment notre divin et aimable Sauveur ne fait pas un pas sur la terre sans être entouré des enfants et de leurs mères. Le voilà dans un coin de
la Judée. Qu'il est beau quand il commande à la tempête, quand il multiplie les pains au désert, quand il guérit les malades, quand il ressuscite les morts! Qu'il est beau quand il pardonne aux pécheurs, quand il foudroie les orgueilleux et les hypocrites, quand il laisse tomber les oracles de ses lèvres et les miracles de ses mains ! Mais combien il m'apparaît plus beau quand je vois les mères lui amener leurs petits enfants et le supplier de vouloir bien les toucher, les bénir, leur imposer les mains et prier pour eux ! Il se laisse environner par tous ces petits enfants ; s'approchant d'eux, Luimême il les regarde avec un ineffable amour, « il leur fait de douces caresses, il met sa main sur ces têtes innocentes, il prie pour eux : et complexam eos, orabat super illos. » Et, attirés soit par le doux regard de ses yeux, soit par le sourire de ses lèvres, soit par les affectueuses paroles qui sortent de sa bouche et de son cœur, les enfants viennent à lui dans les villes, les bourgades et les sentiers de la Judée. Ils le suivent partout. Ils percent la foule pour le voir et l'entendre de plus près. Les disciples en sont ennuyés. Ils s'en irritent. Ils accueillent durement ces petits enfants et leurs mères, et vont jusqu'à les chasser avec menace ; increpabant, comminabantur. Et Jésus-Christ, toujours si bon et si indulgent, semble oublier ici sa douceur et s'indigne contre ses disciples : indigne tulit. Sinite parvulos ventre... Nous sommes loin, bien
loin des horreurs philosophiques et légales du paganisme à l'égard de l'enfance. Le Christ se levant au milieu des siècles et prononçant sur les enfants qu'il bénit cette grande parole : « Laissez venir à moi les petits enfants ! » c'est un monde qui finit et c'est un monde qui commence.
4° Jésus-Christ réhabilite l'enfance dans sa personne, par sa parole et par ses actes et, enfin, par ses institutions. Qu'a-t-il institué en faveur de l'enfance ? Il a institué le baptême, le baptême qui régénère l'enfant, qui le purifie, qui en fait le fils de Dieu, le frère de Jésus-Christ, le temple du Saint-Esprit. Et ce sacrement à lui tout seul bouleverse les idées et les coutumes de l'ancien monde. Tout à coup, sous les reflets du baptême, l'enfant devient un être vénérable. Qu'importe qu'il soit d'humble naissance ou d'une complexion faible? Ce cher petit membre du Christ est d'autant plus honoré et aimé qu'il ressemble mieux à Celui dont les souffrances ont racheté le genre humain. Son âme est pure ; son âme est grande; c'est un Dieu en fleur ; Deum in flore. Anges du ciel, inclinez-vous ! Parents, soyez dans l'allégresse ! Et en effet, pères et mères, quand vous considérez la charmante créature que le baptême a transfigurée, n'est-il pas vrai que le mystère de sa vie intime, que les splendeurs de son âme régénérée se reflètent en son limpide regard, et que votre foi respectueuse, non
moins que l'instinct de votre nature s'écrie : Mon ange ? C'est par le baptême que le christianisme commence ; c'est le sceau du baptême qui sacre le front du nouveau-né ; c'est après le baptême qu'il se fait autour de l'enfant comme un cercle d'honneurs, de respects et de saintes émotions. J'en appelle à l'histoire. C'est le baptême qui a sauvé et réhabilité l'enfance, qui l'a rendue sacrée à
la famille, à la cité, à l'Etat. Ah! Platon, vous ne l'aviez pas deviné cet enfant régénéré par le Christ, quand, descendant des hauteurs de votre sublime génie, vous traitiez l'espèce humaine comme un troupeau de brutes, quand vous déclariez qu'il ne fallait nourrir et élever que les enfants nés d'un couple robuste et bien fait, seul moyen, disiez- vous, de former un excellent troupeau. Vous ne soupçonniez ni l'origine ni la grandeur de l'enfant, ô Aristote, quand vous établissiez en principe qu'on ne doit nourrir aucun enfant faible ou mal conformé, quand, après avoir supputé le nombre des naissances, vous indiquiez un moyen infâme de débarrasser la société de son excédent ! — Si vous doutiez encore de la réhabilitation de l'enfance par Jésus-Christ, Messieurs, je vous dirais de regarder les peuples infidèles à l'heure actuelle. Allez en Chine, en Arabie, dans l'Afrique centrale, et jusque parmi les tribus de l'Afrique française où la croix n'a pas encore élevé la tête au-dessus de nos armes. Pourquoi ces cadavres que roulent dans leurs eaux
tous les fleuves du Céleste Empire? Pourquoi ces jeunes victimes qui meurent par milliers du Tell au Sahara et au Soudan? Ah ! c'est qu'en Asie comme en Afrique le père manque de cœur et la mère d'entrailles ; c'est que la famille n'y a point encore été restaurée par le baptême ; c'est que partout où l'eau du baptême tarde à couler, l'enfant n'est pas une âme, mais un peu de chair et de sang, auquel on n'accorde ni justice ni pitié!
Le paganisme avait tout déprimé. L'Évangile a tout relevé. Le prolétaire, le pauvre c'est une âme! La femme si longtemps méprisée, c'est une âme! Le difforme et le disgracié, c'est une âme ! L'enfant qui vient de naître, c'est une âme ! L'enfant qui n'est pas encore né, c'est une âme déjà. « Gardezvous de mépriser un seul de ces petits », dit le Christ, parce que c'est une âme égale par son origine et sa nature à la vôtre, une âme immortelle créée par Dieu, rachetée du sang d'un Dieu, et appelée à posséder Dieu dans les splendeurs de l'Eternité 1
DIXIEME CONFERENCE
L'enfant dans le catholicisme
Messieurs,
Nous avons vu l'enfant dans le paganisme et l'enfant dans l'Evangile. C'est le jour succédant à la nuit. Etudions maintenant l'enfant dans le catholicisme. Gardienne de la doctrine du Christ et chargée de continuer son œuvre, l'Eglise, depuis dix-neuf siècles, entoure l'enfant d'amour, de soins et de respect. L'enfant arrive au monde avec une triple faiblesse : faiblesse d'un corps qui peut à peine se soutenir sur des pieds chancelants, faiblesse de l'esprit dont l'ignorance absolue n'a d'égale que sa curiosité, faiblesse du cœur enclin à tous les mauvais penchants, à tous les désirs déréglés. Cette triple faiblesse appelle un triple bienfait : bienfait d'une vie à conserver, bienfait d'une intelligence à développer, bienfait d'un cœur à former. A ce triple point de vue, l'action de l'Eglise sur l'enfance est admirable.