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III. Il y a, dans l'enfant, un cœur à former

Et ici encore, ici surtout, l'action de l'Église nous apparaît puissante et admirable. Rien ni personne ne peut la remplacer. Essayez. Cette divine religion chrétienne, si vous la chassez des berceaux, si vous la mettez à la porte du foyer domestique, et à la porte de l'école, qui ne doit être que le prolongement du foyer domestique, si vous écartez ses magiques influences de la tête et du cœur de vos enfants..., que mettrez-vousàlaplace? Car, enfin, je vous admire quand vous dites : « Je veux que mon enfant soit bien élevé. » Mais je vous prie de remarquer que qui veut la fin veut les moyens. Or, en dehors de l'élément religieux, quel moyen vous reste-t-il pour assurer la bonne éducation de votre

enfant? La science, me répondez- vous, l'instruction. La science... voilà l'idole que vous mettez à la place du vrai Dieu, et à laquelle vous voulez confier les destinées de l'enfance. De grâce, Messieurs, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Je ne dis pas que la science est mauvaise. Je dis qu'elle est utile, qu'elle est bonne, et qu'il faut la donner à l'enfant dans une large mesure. Mais j'ajoute qu'elle n'est pas suffisante pour former le cœur de l'enfant. Elle est bonne, mais il faut autre chose. L'enfant n'est pas seulement une intelligence et une mémoire à meubler et à bourrer de mots, de dates, déchiffres, de formules. L'enfant est une âme qu'il faut éclairer sur sa destinée et sur ses devoirs, un cœur qu'il faut cultiver et passionner pour le bien, une volonté qu'il faut assouplir et conduire à la lutte, une conscience qu'il faut assainir et façonner. La science ne fera pas cela. Elle ne peut pas le faire. C'est audessus de ses forces et en dehors de sa compétence. Non, ce n'est pas avec un peu d'histoire et de géographie, avec un peu de physique et de chimie, avec un peu de grec et de latin, que vous établirez le règne de la vertu, de la force morale dans l'âme et dans la vie de vos enfants. On a prétendu que les générations nouvelles pourraient aisément se dispenser de l'idée et de la sève religieuse, de l'idée et de la sève évangélique; on vous l'a dit, on l'a chanté à vos oreilles sur tous les tons... Et moi, au nom de l'autorité de l'Eglise et de l'évidence des-

faits, je vous déclare que c'est un infâme mensonge ou une grossière illusion. Croyez-en Diderot, un des ennemis les plus acharnés du christianisme. Un jour, l'académicien Bauzée, entrant brusquement chez lui, le trouve expliquant le catéchisme à sa fille ; et, comme il paraissait stupéfait : « Eh ! mon cher, lui dit Diderot, quels meilleurs fondements puis-je donner à l'éducation de ma fille pour la rendre fille respectueuse, digne épouse et bonne mère? Au fond, nous sommes bien forcés d'en convenir. Est-il une morale qui vaille celle de la religion et qui porte sur de plus puissants motifs? » Hélas ! combien y a-t-il de Diderot dans notre siècle, qui préconisent l'impiété devant la galerie, et qui, rentrés à la maison, revendiquent pour leurs enfants l'éducation chrétienne qu'ils ont chassée des lois et qu'ils ont flétrie de la parole et de la plume !

Messieurs, pour élever l'enfant, il faut agir sur sa conscience. Or, la conscience, qui la forme ? C'est la religion. Donc, la religion est nécessaire à l'éducation. Elle ne dispense pas de recourir aux moyens humains, tels que la surveillance, la correction, l'attrait des récompenses, l'appel à la raison, au sentiment, à l'honneur, à l'intérêt; mais ces moyens ne sauraient la suppléer.

La surveillance? Elle n'atteint ni les pensées, ni les désirs, ni toutes les démarches, ni toutes les conversations.

La correction? Avec le bâton seul, on forme des esclaves et des abrutis, et non des hommes.

Le sentiment? rien ne sèche plus vite que le sentiment et les larmes.

La raison? Hélas! il ne suffit pas de connaître son devoir pour l'accomplir.

L'honneur ? Quelques intelligences d'élite vous comprendront peut-être, mais la masse ne vous suivra pas.

L'intérêt? La morale qui repose sur l'intérêt n'est guère solide.

Cherchez en dehors de Dieu, de Jésus-Christ et de l'Église un système d'éducation, je vous défie de le trouver.

Depuis dix-neuf siècles, et aujourd'hui comme dans le passé, l'Eglise protège la vie matérielle, la vie intellectuelle et la vie morale de l'enfant. Bénissez-la et aimez-la. Faites-la bénir et aimer .autour de vous!

Amen!

ONZIÈME CONFÉRENCE

L'enfant dans le catholicisme (suiîi)

Je vous ai montré l'enfant avili par le paganisme et réhabilité par l'Evangile. Je vous ai montré la réhabilitation de l'enfant réalisée dans le catholicisme. Restons encore un peu en présence de ce capital sujet. L'enfant c'est l'homme de demain, c'est la France de l'avenir. Dans ses mains débiles, l'enfant tient les destinées de la famille, de la société et de la religion. Fussiez-vous arrivés au sommet des choses, comptés parmi ceux qui modifient le sort des nations, parmi ceux qu'on appelle le plus justement les grands hommes, vous ne pourriez pas oublier la parole de Bossuet : « Les grands hommes se forment sur les genoux de leurs mères. » L'enfant est un homme en réduction ; l'homme est tout entier dans l'enfant, et l'âge mûr se couronne des fruits bons ou mauvais que la jeunesse a élaborés. Par conséquent, si vous voulez savoir ce

que seront les hommes de demain, voyez ce que sont les enfants d'aujourd'hui; si vous voulez préparer à la patrie et à l'Eglise des jours heureux et des destinées glorieuses, infusez dans l'âme et dans le sang des générations nouvelles une sève puissante de christianisme. Pour vous faire accepter cette conclusion je me contenterai de faire passer sous vos yeux le tableau de l'enfant chrétien et de vous dire : admirez, prévoyez et comparez.

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