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II. Prévoyez l'avenir de l'enfant chrétiennement élevé

Notre maturité est en germe dans notre jeune âge, comme le fruit dans sa fleur, et la religion qui façonne l'enfant lui prépare du même coup un avenir glorieux et fécond. Sans doute toute fleur ne donne pas son fruit; elle peut sécher et se flétrir, elle peut tomber sous une pluie d'orage. Mais incontestablement si on n'a pas de fleurs, on n'aura pas de fruits, et les années les plus riches sont toujours celles qui ont le plus beau printemps; les vies les plus fécondes sont celles qui commencent par une enfance pieuse et pure.

J'en appelle à vos souvenirs, Messieurs. Tout ce que l'homme possède de force, tout ce qu'il goûte de joie, tout ce qu'il exerce d'influence lui vient plus ou moins de cette heure où le sourire de la mère a provoqué le premier sourire de l'enfant, de cette heure où la langue de la mère a délié la langue de l'enfant, de cette heure où la religion maternelle s'est imprimée dans l'âme de l'enfant. Dans la longue suite de nos années écoulées, notre berceau reste la place la plus rayonnante, la plus vénérée, la plus aimée, parce que c'est la plus féconde, où nos pieds se soient jamais arrêtés. Et à mesure que nous avançons dans la vie, nous aimons davantage à nous rappeler les tendres et saintes délicatesses qui ont affermi nos premiers pas et nous ont procuré nos premières joies; plus le fleuve nous emporte, plus nous sommes heureux de remonter à sa source, pour y retrouver les secours providentiels qui nous ont faits ce que nous sommes.

Oui, les enfances pieuses et pures préparent les maturités fécondes. Ce jeune enfant élevé dans une atmosphère de religion et d'innocence pourra un jour tout oublier. Qu'importe? Ce qu'il a senti d'émotions saines et généreuses sur les genoux d'une mère chrétienne, dans les bras d\m père fidèle à Dieu, sur ie pavé de nos temples, il le sentira toujours, à son insu, dans un repli de sa conscience, comme ces parfums qui s'obstinent à la

doublure d'un vêtement. Il pourra tomber dans les derniers excès; mais, quoi qu'il fasse, toutes les pages de sa vie charrieront des parcelles du diamant brisé, des fragments confus de la mélodie divine qui a retenti sur son berceau. Il sera au moins accessible au repentir. Il n'abjurera jamais définitivement l'honneur et la vertu. Il aura après une jeunesse ardente une maturité précoce. Il se remettra de lui-même sous le joug de la loi, et la religion fortement enracinée dans son enfance redeviendra maîtresse de sa vie et sauvera son âme pour le temps et pour l'Eternité ! Tel est l'enfant, quand la religion le couvre de sa majesté trois fois sainte. Il est beau à voir, et sa beauté présente est le prélude d'une vie qui s'annonce sans peur et sans reproche.

III. Comparez à l'enfant chrétiennement élevé l'enfant qui est élevé en dehors de toute instruction et de toute émotion religieuse.

Tous les noms retentissant à l'oreille de cet enfant, excepté le vôtre, ô mon Dieu, et celui de votre divin Fils et de sa divine mère ; tous les spectacles venant se montrer aux regards de cet enfant, excepté ceux de votre maison et de vos fêtes, ô mon Dieu ! tous les plaisirs et toutes les joies de la terre venant de jour en jour et d'heure

en heure remuer de leur souffle cette vie tendre et délicate, toutes, excepté ces saintes voluptés du Temple et ces joies sacrées des cérémonies pieuses qui devaient donner à cette âme à peine épanouie comme une révélation et un pressentiment du Paradis ! Ajoutez à cela dans certains milieux le nom adorable de Dieu mêlé à d'horribles formules d'imprécations et de blasphèmes; des paroles impies et licencieuses, des calomnies populaires sur la religion et ses ministres, qui mettent dans l'âme de ce pauvre enfant un fond de défiance irréfléchie, mais tenace, contre notre ministère et contre nos personnes, contre nos enseignements les plus simples et notre dévouement le plus pur. Ajoutez à cela encore des exemples en opposition directe avec la loi de Dieu et les passions de la jeunesse se développant précisément alors d'accord avec ces influences domestiques... !

Que pensez-vous que va devenir cet enfant? Cet enfant ne sera pas élevé. Rien ne saura dompter en lui ces instincts farouches dont la libre expansion fait l'homme barbare. Un jour il se révélera comme la personnification de l'égoïsme et de l'ingratitude, et aussi impie envers ses parents qu'envers son Dieu, il leur apprendra par .leurs douleurs et peut-être par ses crimes ce que c'est que de vouloir se passer de Dieu !

Le cœur d'un homme vierge est un vase profond. Lorsque la première eau qu'on y verse est impure, La mer y passerait sans laver la souillure ; Car l'abîme est immense et la tache est au fond!

Malheur à l'enfant élevé sans religion ! Pendant toute sa vie il portera dans son âme et sur son front la trace indélébile des sentiments pervers qui ont abreuvé ses premières années.

Pensez-y, Messieurs. Pensez-y pour vos enfants. Pensez-y pour ces centaines et ces milliers d'enfants du peuple que l'on voudrait arracher aux

bras de la sainte Eglise. Ne le permettez pas. Sauvez l'enfance en la donnant à Jésus-Christ et à son

Eglise !

Amen!

DOUZIÈME CONFÉRENCE Le jeune homme

Messieurs,

L'Église sauve l'enfant. Mais voici bien une autre affaire. Votre enfant a grandi : il a quinze ou dixsept ans. Ecoutez-moi bien. C'est grave, ce que j'ai à vous dire. Mes lèvres en sont émues, et je me demande si elles vont avoir le courage d'aller jusqu'au bout de ce tragique sujet. Pourquoi pas? Commençons par le plus facile, et contemplons aujourd'hui l'enfant devenu grand en conservant la piété de ses premières années. Contemplons le jeune homme sous l'égide de la sainte Eglise qui le préserve et qui, au besoinrle ressuscite.

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