Dudon, Lamennais et le Saint-Siège, p
à l'image de la philosophie politique de la Sainte-Alliance.
Les débuts de Pie IX réservaient au chancelier de Vienne de bien autres déceptions. « Pas de concessions! criait-il au Pape : vous n'en avez pas le droit; cela ne vous conduirait qu'à une diminution des droits de l'autorité souveraine. ^ Et voici qu'il apprenait que Pie IX, comme le dira plus tard Lacordaire, « ressuscitait du tombeau de Paul IV, après trois cents ans, les étincelles ensevelies de la (liberté italienne, et rallumait d'un bout k l'autre de la péninsule l'espérance et l'ardeur. » Un Pape, donc, « faisait du libéralisme I » Avec rage, Metternich répétait ce mot : « Le Pape et tout ce qui l'entoure, gémissait-il, est aux ordres de la faction. C'est l'élément démocratique qui se faitjour etqui proclame Pie IX comme son génie... Les holocaustes à Pie IX sont une mode qui passera coinme toutes les
modes. L'enthousiasme du jour salit tout ce qu'il touche, à commencer par le nom qu'il a pris comme drapeau et enseigne *. »
La Révolution italienne, — pour reprendre un autre mot de Lacordaire, — devait « ne plus vouloir, bientôt, de ce Washington que la Providence avait donné à l'Italie ». Alors l'habile Autriche, exploitant celle tragique répudiation, allait persister quelque temps encore, — c'est toujours Lacordaire qui parle, — à « peser sur l'Italie d'un poids injuste et oppressif, et à peser, aussi, sur l'Église, en empêchant la papauté de conserver en Italie le caractère qu'elle avait toujours eu et qui la rendait chère à ses habitants » 2. Un mot terrible de Joseph de Maislre^ : « Cette maison d'Autriche est une