Mellernich, Mémoires, VII, p. 141 et VIIl, p. 692 et
tolat universel, ne trouvait en réalité, dans cette souveraineté si glorieusement qualifiée, qu'une bien médiocre auxiliaire. L'apostolat, c'est une flamme ; l'apostolat, c'est une vie; c'est une idée qui circule, et qui s'adapte, et qui se fait toute à tous, une idée qui se dévoue, qui se propose, qui se présente, respectueuse et libre, à l'adhésion des âmes, libres elles-mêmes. Cette flamme pouvait-elle s'allumer, cette vie s'éveiller, cette idée, même, pouvait-elle prendre essor, parmi la stagnation majestueuse, assoupie, que l'État des Habsbourg prétendait imposer àl'Église? Une expansion lui était permise, celle des processions; et c'était à peu près la seule. Pie IX, en 1850, sanctionne en Grande- Bretagne, par le rétablissement d'une hiérarchie épiscopale, les magnifiques progrès du Credo catholique; il se trouve en Europe un homme d'Elat pour se refuser à comprendre, pour regretter, pour voir là, peut-être, une
« démarche risquée » : c'est Metternich. Aujourd'hui, écrivait en une autre circonstance une plume qui reflétait sa pensée, celle de Mélanie de Metternich, « il faut plutôt songer à susciter à l'Église de nouveaux défenseurs; quant à convertir les incrédules, c'est à mon avis une tâche inutile et même dangereuse » ^ La vie de l'Église, dans cette conception, n'est qu'un perpétuel statu qiio. L'apostolat est réputé « inutile; » il est réputé « dangereux. » Et de fait,si le règne de Dieu s'envisage surtout comme une parure somptueuse, hiératique, pour le règne même des Habsbourg, et si les Habsbourg, par une peur naturelle des révolutions, sont surtout désireux d'immobilité, qu'est-il besoin de conversions, de missions, de conquêtes?
L'État autrichien, tout doucement, berçait « son » Église, et parfois lengourdissait ; et l'on s'aperçoit aujourd'hui qu'il y a