‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 100 sur 222 · LA MALADIE DU PAPE · texte numérisé non relu

LA MALADIE DU PAPE

Il est bien naturel qu'après les fatigues d’un tel voyage, le passage des Alpes en plein hiver, le pape soit tombé malade. Il était sans doute déjà âgé, puisqu'il est mort trois ans après, et que son frère ne lui a survécu que de dix ans, en outre, il était souffrant en partant de Romet. Mais la maladie est chose si ordinaire, qu’il n’est pas besoin de relever toutes ces circonstances, il faut plutôt s’étonner qu’elle ne se soit déclarée qu'après plus de deux mois. L’exposé historique la place après l’échec définitif des pourparlers, au retour de la troisième ambassade, et, comme chaque voyage a dû demander plusieurs semaines, on était arrivé, depuis le 8 janvier, au milieu ou peut-être jusqu’à la fin du mois de mars?. Il est même permis de supposer, que la maladie a pu être causée beaucoup plus par l'inquiétude et la déception, que par les fatigues du voyage.

Le Liber poniificalis n’a pas manqué de relater cette maladie, mais il ne lui donne pas l’importance qu’elle a eu réellement, puisqu'il a anticipé à Ponthion le résultat qu’elle a produit. Il existe un autre

1. Lib. Pont. p. 444... licet infirmitate corporis defectus, laboriorum arreptus est iter.

2. S’il a gelé depuis le 19 janvier jusqu’au 6 avril, tous ces voyages, qui comportent six fois le passage des Alpes, tombent dans le grand froid, et ils n’ont pas dû en être accélérés.

document, la Revelatio Slephani, qu’on a eu le tort de négliger jusqu'ici, et dont je me servirai. Il faudra démontrer auparavant, qu’il est digne de foi, et j’ai réjeté cette dissertation un peu aride dans une note spéciale, afin de ne pas interrompre le récit! Mais c’est encore dans l’exposé historique du Quierzy qu’on trouve les renseignements les plus précis.

En combinant les trois pièces, qui s’accordent d’ailleurs parfaitement, on voit que le pape était logé à l’abbaye de Saint-Denys. Le roi ayant été averti, était venu avec une suite assez nombreuse. L'état du malade paraissait grave, et faisait craindre que peut-être il ne passerait pas la nuit? Il se réveilla le matin, en criant qu’il voulait consacrer un autel, qu’il était guéri. On crut qu’il avait le délire, et on appela aussitôt le roi. Il racontä alors, qu’il avait vu en songe les apôtres Pierre et Paul, ainsi que le bienheureux Denys, patron du monastère, qui l’assurèrent de sa guérison. Après quoi, saint Denys lui ordonna en manière d’ex voto, de consacrer un autel aux apôtres Pierre et Paul Il semble bien alors, que ce récit étant terminé, la conversation

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