‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 103 sur 222 · Chapitre X, 1, 4, page · texte numérisé non relu

Chapitre X, 1, 4, page

Macaigne 18

développements qu’elle comporte. Pour la commodité des citations j'ai établi, comme M. Schnürer, de petites divisions numérotées, qui, bien entendu, ne sont pas dans le texte.

1. « Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui avec le Père et l'Esprit Saint règne étant Dieu, avant et dans les siècles futurs. Amen.

2. « Pépin, par la grâce de Dieu roi des Francs, et par la faveur de la même grâce patrice des Romains, au céleste portier, le très bien heureux prince des apôtres Pierre, et par lui au Saint Père dans le Christ Etienne, brillant de la sublimité apostolique et à ses successeurs jusqu’à la’ fin du siècle.

3. « Après avoir subi de nombreuses et très injustes calamités et sous la menace d’autres tribulations que la nation impie des Lombards infligeait chaque jour et en abondance à la sainte Eglise Romaine Catholique et Apostolique et aux peuples qui vivaient sous sa dépendance, le très saint et très bienheureux pontife de ce Siège bienfaisant, nommé Etienne, s’adressa à l’empereur Constantin et à son fils nommé Léon, par des députés qu’il en avait reçus et qu’il lui renvoya, pour la troisième fois il lui demanda des secours, ne voulant pas devenir comme ses prédécesseurs les bienfaisants pontifes, des réceptacles d’angoisses de la part de cette nation, il demanda donc la permission de nous unir à lui par l’amitié et de choisir librement ce qu’il voudrait au sujet de notre royaume pour le patronat et la défense par l'élévation de notre nom.

4. « Cette demande, grâce à l’intercession du Porteur des clés du royaume des cieux, obtint l’assentiment de l’empereur, et ce dernier fit connaître par des lettres adressées non seulement aux Romains mais à Nous-même qu'il donnait au pontife toute permission de nous regarder comme ami et protecteur de sa sainte église, du sénat romain et de tout l’exarchat d’Italie demeuré en son pouvoir, et de conclure une alliance de patronat, parce que, éprouvant lui-même de grandes calamités. il devaitréserver tous ses soins à ses provinces les plus voisines.

5. « Ainsi donc un envoyé de l’empereur nommé Marinus, nous présenta ces deux lettres et en outre une autre lettre du Père apostolique! contenant et notifiant un ordre du Dieu Tout-Puissant et de son céleste Portier prescrivant de lui procurer les moyens d'accomplir pacifiquement le voyage qui lui permettrait de venir jusqu’à nous.

6. « Mais quand Astolf, roi des Lombards, eut appris cela par nos envoyés, il s’emporta d’une violente colère, menaçant d’infliger au saint père apostolique et aux siens des maux encore plus grands que par le passé, et même après les prières qui lui furent adressées de notre part, il voulait encore entraver méchamment son voyage.

7. « Mais le souverain poniife étant parti de Rome se hâta de gagner notre royaume avec nos envoyés, il fut reçu avec le plus grand plaisir par nos fils et par nous en toute humilité et dévotion.

1. Cette autre lettre venant du pape a été apportée non pas par Marinus, mais par Droctogang.

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8. «Il passa tout le temps de l’hiver avec nous en France, mais par la faveur de la puissance divine ce ne fut pas sans résultat.

9. « Deux fois nous avons envoyé à son sujet des ambassadeurs au roi des Lombards, demandant que la paix et la sécurité soient par l’intervention et la garantie de notre patronat assurées au très bienheureux prince des apôtres Pierre, ct à son vicaire ainsi qu’à tout le peuple des Romains. Le roi leur promettait au contraire un traitement beaucoup plus rigoureux.

10. « Là-dessus nous lui fimes savoir que nous voudrions lui donner satisfaction par des présents, lui demandant qu’il veuille bien accepter vingt sept mille sous d’argent et douze mille sous d’or, pour la sécurité et la paix de tout ce qui se rattache à notre bienfaisante mère l’église qui est la tête et l’origine de toute la religion chrétienne, comme cela est professé par tous les chrétiens, et cela parce que nous ne pouvions pas permettre que le saint homme vicaire du très bienheureux Pierre prince des apôtres nous quittât sans être assuré de sa sécurité, et que nous ne voulions pas qu’il soit contristé, à cause de la dévotion allumée dans notre cœur par l’amour divin et aussi de l’amitié humaine. Mais luit comme précédemment, il promettait des maux intolérables, et il ne voulut prononcer aucune parole de paix.

11. « Dans ces entrefaites le Seigneur déjà nommé et très bienheureux pape devint malade, à tel point,

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