‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 108 sur 222 · Einhardi Vita Caroli VI · texte numérisé non relu

Einhardi Vita Caroli VI

2. Fustel de Coulanges, Les transformations de la Royaulé, p. 343.

À cela, on répondait, sans doute, que la nation délivrée de l’anarchie et bien unie sous un gouvernement régulier, était maintenant assez forte pour n’avoir besoin de personne, et qu’elle pouvait se permettre une guerre étrangère, si elle voulait faire une largesse au pape de Rome. C’était un moyen conforme aux mœurs de l’époque, brutales et mystiques tout à la fois, de satisfaire à une dévotion populaire parfaitement sincère envers l'Eglise romaine, qui venait de se manifester d’une façon très éclatante, Et, loin d'exiger aucun sacrifice, l'opération serait au contraire avantageuse, car on allait envahir un pays riche et mis en valeur de longue date. Le Continuateur de Fredegaire se réjouit du gros butin qu’on a rapporté d'Italie, car Pépin est revenu cum mullis thesauris, après avoir détruit, bien entendu, tout ce qu’on ne pouvait pas emporter, undique omnia... maxime igne concremans forlier devastanst. Le bon religieux qui tient la plume du comte Nibelonge, est tout fier que les Francs aient si bien dévasté l'Italie. La nature humaine est si mystérieuse et complexe, que des associations aussi étranges n’y sont pas rares, et que les mobiles les plus opposés peuvent s’unir, pour concourir à un même acte.

Il est bien clair que c’étaient les hommes de guerre qui voulaient guerroyer. C’étaient les détenteurs des biens ecclésiastiques, les adversaires de la réforme du clergé, ce qu’on appellerait aujourd’hui le parti

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