‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 111 sur 222 · SL DB UE · texte numérisé non relu

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idée de dater un travail qu'il venait de finir, a rédigé une petite note qui contient d’utiles indications chronologiques, et où il a inséré quelques réminiscences de l'office du ?8 juillet! Ce qui est intéressant, c’est qu'il a complété à sa manière, et sans aucun doute d’après les idées qui circulaient dans son entourage, ce que sa mémoire n’avait pas retenu exactement. Ainsi, il a introduit dans le discours du pape les mots « sous peine d’interdit et d’excommunication », et il a retranché tout ce qui regarde la défense de l'Eglise Romaine, ce qui lui donne une tout autre physionomie et une portée bien différente? C’est maintenant une défense formelle de jamais prendre un roi en dehors de la famille de Pépin, et ce privilège n’a pour contre-partie aucune obligation spéciale envers le Saint-Siège. Il y aurait là une intervention très grave dans le droit public de la France, qui fort heureusement n’a pas eu lieu. Elle est formulée en termes si précis que plusieurs historiens, et tout récemment encore, s’y sont trompés. L’erreur n’est plus possible, maintenant qu’on connaît le texte authentique que le copiste a corrompu. |

Cette Clausula de Unctione Pippini, car tel est le

1. C’est la Clausula de Uncitione Pippini, qui nous est parvenue dans un manuscrit du x® siècle. Voir à ce sujet le chapitre IX, x1.

2. Voici ce texte dont on trouvera le commentaire au chapitre IX, XI. Francorum principes benedictione Sancti Spiritus gratia confirmavit et tali omnes interdicti et excommunicationis lege constrinxit, ut numquam de alterius lumbis in aevo praesumant eligere, sed ex ipsorum quos et divina pietas exaltare dignata est et sanctorum apostolorum intercessionibus per manus vicarii ipsorum beatissimi pontificis confirmare et consecrare disposuit. (Page 430),

nom qu’on lui a donné, est je crois le plus ancien témoignage en faveur du droit divin des rois de France, qui aurait été promulgué tout d’abord en faveur de la famille carolingienne. Toute cette thèse, on le voit, est pure fantaisie, et un produit exclusif de l'imagination populaire. On peut y voir, du reste, une réaction spontanée du sentiment public contre la diminution toujours croissante du véritable pouvoir territorial qui est l’autorité royale, sous action des causes néfastes qui engendrèrent le régime féodal, l’immunité et la fidélité. D’instinct, le peuple désirait un pouvoir capable de maintenir l'ordre et de protéger les faibles. L’hérédité apportait un élément de stabilité approprié aux mœurs de lépoque, et elle aurait été alors un bienfait, en écartant les compétitions. Il fallut encore deux siècles d’anarchie pour que ce principe salutaire entrât en action. Ce fut l'œuvre de la famille capétienne, qui rendit au pays l’immense service de détruire le régime féodal.

Dans le même ordre d'idées, il faut constater que la formule « Roi par la grâce de Dieu», apparaît, pour la première fois, dans le diplôme de Quierzy. Elle ne dit pas, comme au temps de Louis XIV que la nation n’est pour rien dans l'élévation du monarque, ce qui n'aurait eu alors aucun sens. Elle signifie que la dignité royale est une faveur qui vient de la bonté, de la miséricorde de Dieu. Cela répond à une pensée d’humilité qui est un corrélatif parfaitement logique de l’exercice du pouvoir.

Nous n'avons aucun renseignement sur ce quil suivit le sacre du 28 juillet. Mais, puisque la guerre a eu lieu, il faut admettre que l’agitation a fini par se calmer, Ce qui est certain, c’est que Carloman a été remis en liberté. Le Liber pontificalis semble dire qu’il mourut au bout de quelque temps dans le monastère où il avait été enfermé. C’est inexact, et les Annales de Lorsch se montrent ici mieux informées. Elles ajoutent après le récit de la campagne, que « Carloman qui était moine resta à Vienne, avec la reine Berthe. il languit longtemps et mourut en paix ». L'expression employée ici Vienna remansit una cum Beriradene Regina, donne l'impression de personnes voyageant ensemble, et qui s’arrêtent dans la même ville. D’après cela, Carloman serait rentré dans l’entourage du roi, et il revenait en italie à la suite de l’armée. Notons d’ailleurs que la reine Berthe qui lui tient compagnie était elle-même favorable aux Lombards.

N'ayant pas réussi à empêcher la guerre, il n’aurait pas cherché à prolonger les divisions de famille. Son attitude aurait donc été semblable à celle qu’il a gardée dans la question de la réforme, où, voyant son impuissance à faire le bien complet, tel qu’il le concevait lui-même, il a cru, en se retirant, faciliter la réalisation d’un bien plus restreint, qui était peutêtre le seul possible.

Eginhard ajoute qu’il fut pris de la fièvre, qu'il mourut vers l’époque où Pepin revenait d’Italie et que son corps fut ramené eu monastère par ordre

du roit, L’accomplissement de ce devoir de piété. indique une pleine réconciliation entre les deux frères

1. Einhardi, Annales DOCCLV... prius quam rex de Italia reverteretur febre correptus diem obiit; cujus corpus iussu regis ad monasterium sancti Benedicti, in que monachicum habitum susceperat, relatum est.— La signification exacte peut varier suivant qu’on place

ou non une virgule après correpius. Je n'ai retenu que le sens général qui est manifeste.

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