‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 114 sur 222 · Lib. pont., p · texte numérisé non relu

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2. Ibid., p. 452... castrum itaque N arniensem, quem pridem reddiderat misso Francorum.

conçut de suite le projet de conquérir même le duché de Rome, qu’il n’avait pas attaqué pendant tout le temps que le pape avait été en France. On voit en effet par certains de ses diplômes, qu'il se prépara aussitôt à une nouvelle guerre contre les Francs. Et, au lieu de surprendre son adversaire par un coup de vigueur, il eut soin de le prévenir longtemps d’avance par des pillages et des incursions sur le territoire romain.

Tous les faits se succèdent très vite, ils se placent aisément dans les six ou sept mois qui suivent la conclusion du traité. Et, le 1% janvier 756, il vint mettre le siège devant Rome, ayant fait la mobilisation générale de son arméel. Il occupait la rive droite du Tibre, tandis que les Lombards de Bénévent, qui s’ébaient levés eux aussi, étaient sur la rive gauche. Mais Pépin était avertidepuis longtemps. Une première lettre du pape lui avait été portée par l’abbé Fulrad, qui était venu certainement à la suite de l’armée, et qui se trouvait encore à Rome. Les remparts avaient été réparés par Grégoire III, et la ville ne put être enlevée par surprise. Astolf dut lever le siège au bout de trois mois, menacé par l’arrivée d’une nouvelle armée des Francs.

Gette deuxième campagne se termina en quelques jours comme la précédente, par la défaite des Lombards devant Pavie. Astolf dut alors se soumettre

1. Le Continuateur de Frédegaire dit qu'il vint de nouveau devant Rome, ilerum ad Romam eum exercitu suo veniens. — C’est peutêtre ce qui a donné naissance à la légende très répandue des deux sièges de Rome. Il n’y eut jamais qu'un seul, celui de 756.

et s'engager de nouveau à livrer ce qui était prévu au précédent traité, auquel fut ajoutée la ville de Comaclum (Comacchio\i

La Chronique de Moissac donne ici quelques détails. L’armée a de nouveau ravagé le pays sur son passage. Astolf demanda son pardon par l’intercession des prêtres, et il s’en remit au jugement des grands du royaume des Francs. Le roi Pépin, miséricordieux, comme il en avait l’habitude, lui laissa le royaume et la vie, mais il dut, d’après la décision des Francs, livrer le tiers du trésor qu'il avait dans Pavie. Il jura de nouveau et remit des otages, promettant d’être fidèle à l’avenir et de payer exactement le tribut déjà fixé. Pépin victorieux revint avec joie, ramenant avec lui les trésors et les otages?.

Le Continuateur de Fredegaire se borne à constater la nouvelle dévastation de l'Italie par le roi des Francs, totam regionem ïillam fortiler devasians Mais les Lombards n'étaient pas en reste, car en -approchant de Rome, Astolf avait tout brûlé, domos quos ibidem reperit maxime igne concremavit. C’est

1. Lib. pont., p. 453. Et denuo confirmato anteriore pacto.. addens et castrum qui cognominatur comiaclum.

2. Chron. Moiss. (Pippinus). ad Ticinum urbem pervenit totam illam regionem devastans... Haïstulfus.. per supplicationem sacerdotum veniam postulavit, et ex quo contra ius vel sacramenta, perpetraverat secundum iudicium optimatum Francorum se plenissima voluntate emendare spopondit. Rex vero Pippinus solito more misericordia motus, regnum et vitam concessit. Haistulfus autem per iudicium Francorum fhesaurum quod in Ticino erat, fertiam partem Pippino tradidit, sacramenta iterum renovans obsides que tribuens, promisit se semper esse fidelem et annuale tributum quod Francis tribuerat, per missos suos annis singulis esse transmissurum.…. Pippinus autem victor, incolumen exercitum, gaudens ad propria remeavit, thesauris et obsidibus secum adductis.

comme cela qu’on faisait la guerre à cette époque, on commençait par tout détruire, tandis qu’aujourd’hui l’envahisseur ne ruine le pays qu’en se retirant.

On prit soin que la remise des territoires cédés goit faite régulièrement à un délégué du roi des Francs. qui fut l’abbé Fulrad. Ce dernier parcourut l’exarchat et reçut les clés de toutes les villes, qu’il déposa à Rome dans la Confession de Saint-Pierre. Ces villes sont au nombre de vingt-deux pour l’exarchat, et vingt-trois en comptant Narni, le Liber ponificalis en donne la liste! Ces indications sont très précieuses. En les reportant sur la carte détaillée, n° IV, qu’on trouvera plus loin, p. j'en ai déduit la carte n° III, ci-contre qui présente la figure de V’Etat Pontifical à sa naissance, par rapport à l’ensemble de l’Italie. Les noms soulignés sont ceux des patrimoines à restituer. On peut juger ainsi ce que serait la fameuse ligne Luna-Monteselice, que je me suis abstenu de tracer, puisqu'elle n’existe pas.

Voici maintenant les noms des villes, avec la manière de les identifier.

Ravenna (Ravenne).

. Ariminium (Rimini).

. Pesaurum (Pesaro).

Cauca (Conca entre Rimini et Pesaro).

Fano (Fano).

Cesinas (Cezène).

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Sinigaglia (Sinigaglia).

Esis (Iesi).

Forumpopuli (Farlimpopuli).

Forumolivi ou Forum Livi (Forli).

… castro Sassubio ou Sassubium (Castro Caro)

dans la montagne au-dessus de Forli.

Moniefeletri (San Léo).

Acervilagio (Acerres).

Monielucati, près de Cézène).

Serra, sans doute Serra San Quirino, province

d’Ancone).

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