LA TROISIÈME EXPÉDITION EN ÎTALIE
L’exarchat de Ravenne a été le mauvais génie de l'Etat Pontifical. Il a envenimé les choses dès le début, et il a peut-être été la cause de la tournure intransigeante qu’elles ont prise. La démarche que fit Etienne II au nom de l’empereur était de nature à indisposer le souverain le plus pacifique, et il ne me paraît pas douteux qu’elle n’ait pesé sur la suite des négociations. En tout cas, si la question de l’exarchat n’avait pas été soulevée, le territoire lombard aurait fait un tout continu le long de l’Adriatique, comme l'indique la carte n° II, et le partage de l’Italie, auquel conduisait fatalement la faiblesse de l’Empire Grec, aurait pu être réalisé pacifiquement. La brutalité du roi Astolf aurait pu n’être qu’une régression passagère dans la civilisation des Lombards, et ses successeurs pouvaient revenir au gouvernement ordonné de Luitprand.
Même dans l’état de tension inévitable que la perte de l’exarchat créait pour la royaume de Pavie, séparé maintenant de ses dépendances méridionales, la mort si opportune d’Astolf aurait pu ramener la paix, si son frère Ratchis, qui avait fait ses preuves de loyauté, était remonté sur le trône, comme il tenta