‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 116 sur 222 · Voir page · texte numérisé non relu

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tout d’abord de le faire. Ce fut une faute lourde de la part d’Etienne II de lui préférer Didier, qui lui promettait un accroissement de territoire, auquel Ratchis, plus avisé, ne consentait pas.

Or, il ne s’agissait pas d’élargir le duché de Pérouse, pour améliorer les communications entre la région de Rome et celle de Ravenne, on devait agrandir l’exarchat, des annexions faites par Luitprand, vers 730, à Ferrare et à Bologne. Cet accroissement de l’exarchat aurait aggravé la situation excentrique qu’il avait par la disposition des lieux, et déjà l’archevêque de Ravenne en avait profité pour s’en emparer. Il y avait entre Rome et Ravenne, les deux capitales successives de l’Empire d'Occident, une rivalité d’ancienne date. Les Ravennates ne voulaient pas être gouvernés par les Romains, ils auraient même préféré être Lombards. L’archevêque de Ravenne s’était hâté de nommer des gouverneurs dans toutes les villes cédées par Astolf. Ce fut le point de départ d’un pénible conflit, assez confus, mais qui dura bien vingt-cinq ans! Ainsi, l'Etat Pontifical tendait, dès le premier jour, à se diviser en deux morceaux. ce qui était l’effet naturel de sa conformation géographique défectueuse.

Etienne II traita Ratchis comme Carloman. Il avait fait profession de religieux, il devait rentrer dans son monastère. Ce conseil fut d’ailleurs appuyé par la petite armée des Francs qui avait fait escorte à l’abbé Fulrad pour la remise de l’exarchat, et qui

1. On trouve dans Duchesne, op, cit., IX, p. 148-155, le résumé de tout ce qu'on sait sur cette affaire.

se trouvait encore en Italie. Didier qui le remplaça était sans doute sympathique de sa personne, vir milssimus!, et il finit ses jours pieusement à l’abbaye de Corbie. Mais il avait le très grave défaut d’être incapable. Il commit une double maladresse. La première avait été de faire des promesses imprudentes qu'il ne put pas tenir, ce qui lui valut l'hostilité des papes. La seconde, beaucoup plus grave et qui le perdit, fut qu’il s’avisa d’intervenir dans la politique intérieure de la France, en soutenant les fils de Carloman contre Charlemagne. Astolf avait fait quelque chose d’analogue, lorsqu'il accueillit Grifon en révolte contre Pépin.

Etienne IT étant mort quelques jours après le traité conclu avec Didier, son frère Paul Ier qui lui succéda, fit d’actives démarches pour que cette convention de 757 fût ratifiée par le roi des Francs: et ce dernier aurait alors apporté son concours pour obliger Didier à la réaliser. Mais Pépin resta sourd à toutes ses réclamations. Il s’en tint prudemment au traité de 756, qu'il avait passé lui-même avec Astolf, et qui avait reçu sa pleine exécution.

Les nombreuses lettres de Paul Ie réclamen continuellement les reliquae civilales que Didier ne veut pas rendre, et il se produit la curieuse transformation déjà signalée, de la diplomatie pontificale. Jusqu'en 797 le langage des lettres est très net. Elles invoquent la teneur du diplôme de Quierzy, les

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