‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 132 sur 222 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

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le début du virie siècle, on voit s’éveiller partout une grande activité de travaux historiques. On recopie les anciens manuscrits, beaucoup d’auteurs entreprennent d'écrire des chroniques ou des vies de . saints. Enfin, dans la plupart des grandes abbayes, on se met à tenir des annales, où les événements importants sont consignés année par année. Malheureusement, toutes ces bonnes volontés manquent d'expérience. On date les événements en gros, on se borne à indiquer l’année, il est très rare qu’on donne exactement le quantième du mois pour un fait déterminé, Il n’y a encore que des velléités incohérentes à ce sujet. On sent confusément la nécessité d’un classement chronologique, mais on ne prend pas la peine de le pratiquer. Actuellement, quand nous relatons un fait, nous en inscrivons la date machinalement, cette précision n’est pas connue du vire siècle. Quelques exemples vont en donner la preuve.

En 791, Charlemagne ordonna de recopier sur parchemin toutes les lettres que sa famille avait reçues des papes, depuis Charles Martel. Elles étaient écrites sur papyrus, matière fragile, et de plus, il voulait les réunir en volume. La mesure était excellente, et témoigne d’une sollicitude éclairée pour l’histoire, mais comment fut-elle exécutée? Toutes ces pièces étaient datées suivant l’usage invariable de la chancellerie romaine. Or, le copiste chargé de les transcrire jugea inutile de reproduire les dates, c’élaient à ses yeux des formules sans

importance!, Il se borna donc à grouper les lettres de chaque rontife. Peut-être, bien qu'il n’ait pas indiqué les dates, les a-t-il placées néanmoins à peu près dans l’ordre chronologique, nous ne savons. Les critiques modernes ont proposé en général quelques changements. Il y a le classement de Coinctius et de Pagi, reproduit par Dom Bouquet, 1744f, celui de Cenni, 17603, et enfin celui de Jaffé, 186,4, reproduit en 1892 par Grundlach dans les Wonumenta Germaniaeÿ, C’est à ce propos que Jaffé imagina de reporter la première expédition de Pépin en Italie de 759 à 754. Cependant, dans un cas comme dans autre, aucune lettre n’est afférente à l’année 754, les premières qui suivent le voyage du pape sont certainement de la fin de 755, de sorte que cette question du Codex Carolinus n’a pas d'intérêt pour le sujet qui nous occupe. J’ai cité ce fait pour montrer combien on faisait alors peu de cas de la précision chronologique.

1. L’exemplaire exécuté sous Charlemagne ne nous est pas parvenu il n’en existe qu'une copie de la fin du 1x° siècle (Vienne 469) qu’on appelle, à défaut de l'original, le Codex Carolinus.

2. Dom Bouquet, Recueil des historiens de France, t. V, Paris 1744, p. 485-591.

3. Caietanus Cenni, Monumenia dominationis ponlificiae, Roma,

4. Philippe Jaffé, Bibliotheca Rerum Germanicorum, t. IV, Monumenia Carolina, Berlin 1867.

5. Mon. Germ. Episi. Mer. et Kar., t. III, Berlin 1892, p. 459-

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