‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 134 sur 222 · Grég. Tur. Mir. s. Martini, liv. IV, ce. 4 et · texte numérisé non relu

Grég. Tur. Mir. s. Martini, liv. IV, ce. 4 et

deux. Cette difticulté n’existe pas pour nous parce

que nos habitudes sont devenues étrangères à la liturgie, nous ne tenons pas compte des premières vêpres. Mais elle était réelle pour les hommes du vire siècle, et ils l’ont résolue à l’inverse de ce que nous ferions aujourd’hui; les premières vêpres l’emportent sur tout le reste, elles impliquent la complète célébration de la fête. Nous avons peine à comprendre leur système, et Pertz lui-même s’y est trompé. Il a cru que si la fête de Noël est nommée avant la fête de Pâques, l’année commence à Noël, c’est le contraire qui a lieu et le jour même de Pâques est le premier jour de l'année suivante. Tel est le cas général des Annales de Lorsch, d’où il résulte qu’elles suivent habituellement le style de Pâques, mais elles observent quelquefois aussi le style de Noël ou le style de mars.

A la fin de l’année 758 apparait pour la première fois la formule qui sera dès lors répétée invariablement, Et immulavei se numerus annorum in — 759... Cette année 759 mentionne en quel lieu le roi a célébré les deux fêtes. Elle donne la succession Noël- Pâques, et il en est de même pour toutes les années suivantes, sauf pour 767, 775, 780, /86 et 799. Ces cinq années n’ont que la fête de Noël, ce qui prouve que le rédacteur a voulu passer au style de Noël, à moins, cependant, qu'il n’ait voulu prolonger son. année jusqu’au 17 mars. Mais il revient aussitôt au style de Pâques, car les années suivantes 68, 776, 781, 78/, ont deux fois la fête de Pâques, séparées par la fête de Noël. En 800, au contraire, il a main-

tenu le style de Noël, comme nous l’avons déjà vu, et il le gardera quelques années. Il a donc changé neuf fois en 40 ans, et Pertz est vraiment trop indulgent quand il assure que ces variations n’ont aucun inconvénient!

Antérieurement à 759, il est probable que la même chronique suivait le style de Pâques ou le style de mars, cela du moins pour l’année 754, car l’arrivée du pape que l’on sait par ailleurs appartenir aux premiers mois de l’année 754, est attribuée à l’année 753. On trouve même dans l’un des exemplaires qui nous sont parvenus (Vienne, 90), cette note qui peut être une addition tirée des autres documents. Hoc anno natalem Domini in Theodone villa (Thionville) et pascha in Carisiaco (Quierzy) celebravit. Ce qui suppose que l’année 753 aurait été prolongée jusqu’à la veille de Pâques. Rien de pareil ne se trouve plus dans aucun exemplaire pour les années suivantes, et il faut descendre, comme nous l’avons vu, à 759.

1. Mon. Germ. SS. t. 1, p. 126, préface des Annales Laurissensess Annum suum Laureshamensis monachus et Einhardus a nativitate Domini inchoant, qued in annis quibus per hiemem etiam resqestae sunt, e. g. 768, 776, 781, 785, 787 extra dubilationem venit; hieme tamen per quietem ducta uterque recentem annum non nisi post veris initium inchoare et natalem domini et parcha anno proximo elapso adiungere videtur; quod neminem in errorem ducere potest.

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