CHAPITRE IV LA PAIX ROMAINE
Les peuples vaincus à qui on avait confisqué une grande partie de leurs terres, étaient tenus en état d’infériorité et de sujétion, comme nous faisons aujourd’hui dans les colonies. Non seulement ils payaient des impôts, mais ils ne pouvaient ni posséder, ni tester, ni contracter mariage, cela du moins par actes réguliers. Car, ils le faisaient par tolérance, grâce à une fiction juridique analogue à ceile que nous avons déjà rencontrée; le droit romain tempérait ainsi l'extrême rigueur des principes. Pour jouir de la plénitude des droits civils et de la protection des lois, il fallait être citoyen romain. Ce titre n’était pas inaccessible aux étrangers. Rome eut l’habileté de le faire désirer, et de l’accorder sans trop de difficultés.
Tout d’abord, elle le réserva aux personnages 1es plus importants qui constituaient les élites des différents peuples, c’est-à-dire, comme toujours à Rome, les plus riches. Plus tard, elle le répandit davantage. C’est ainsi qu’elle élargit peu à peu l’ancienne cité romaine, pour l’équilibrer et la relier à son territoire toujours grandissant; elle réussit à s’assimiler très lentement l'immense empire. Dès l’année - 88 toute l'Italie avait reçu à très peu près le droit de cité, Caracalla l’étendit à tout l'Empire en 211.