‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 15 sur 222 · SC TE · texte numérisé non relu

SC TE

‘Avant même d’avoir reçu le droit de cité, les peu ples soumis avaient déjà éprouvé les avantages de la conquête, car elle leur imposait l'obligation de vivre en paix les uns avec les autres, et de se consacrer tout entiers au travail. Il semble d’ailleurs que ce bienfait de la paix romaine se soit manifesté surtout au temps de l’Empire, quand la question agraire a été réglée. C’est alors que la condition des peupies soumis put s'améliorer. Tacite, qui écrivait assez longtemps après, s'exprime ainsi dans le discours qu’il prête au tribun Céréalis s'adressant, à Trêves, aux Bataves excités à la révolte par Civilis.

« Des tyrans et la guerre, voilà le partage de la Gaule jusqu’au moment où elle a reçu nos lois. Bravés tant de fois par vous, nous n’avons exigé par le droit de la victoire, que ce qu’il fallait pour maintenir la paix. Nulle part, en effet, il n’y a de paix sans armées, d’armées sans solde, de solde sans tribut. Tout le reste est commun entre nous. Souvent vous commandez nos légions, vous gouvernez ces provinces et d’autres encore. Il n’y a ni privilège ni exclusion... Si les Romains étaient chassés, puissent les Dieux nous préserver de ce malheur, qu’arriverait-il, sinon une guerre universelle entre toutes les nations ? La fortune et le travail ont pendant huit cents ans consolidé ce colosse qui ne peut être détruit qu’en écrasant ceux qui le détruiraient, Aimez, respectez donc la paix et Rome qui reçoit à titre égal, au rang de citoyens, les vainqueurs et les vaincus, Eclairés par votre destin et par le nôtre,

préférez à une révolte qui vous perd une soumission qui assure votre sécuritét, »

Les trois premiers siècles de l’Empire ont été une période de paix profonde, peut-être unique dans l'histoire, sans excepter les temps modernes. Un faible rideau de troupes suffisait à garder la frontière du Rhin et du Danube contre les incursions des bandes germaniques, et ces dernières n'étaient guère composées que de fugitifs, chassés par les guerres continuelles qui désolaient alors leur pays. Il y avait des routes? munies de relais de poste, qui assuraïent les communications, et permettaient aux forces de police de se porter rapidement sur tout point menacé, l’ordre le plus parfait régnait partout. Les campa gnes étaient cultivées régulièrement, sans jamais souffrir d’aucun pillage, et le travail du paysan portait pleinement tous ses fruits. Les villes qui s’ébauchaient déjà se développaient librement, et

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