Tacite, Histoires, IV, LXxIv
2. On admet aujourd’hui que les Romains n’ont pas le mérite d’avoir percé les routes, du moins en Gaule. On pense qu'il en existait déjà avant eux, et on allègue la rapidité de la marche d’Annibal, ainsi que la mobilité des armées de César. Les peuples étrangers que les Grecs et les Romains traitaient de barbares, comme les Perses et les Gaulois, avaient une civilisation différente de la leur, mais très réelle, ils faisaient déjà du commerce. Si les Romains n’ont pas construit entièrement, ils ont singulièrement amélioré, en munissant les routes d’une chaussée dure, et de relais de poste. Il semble bien d’ailleurs que certaines voies, comme la grande rosace deBavay, ont eu une destination stratégique et sont postérieures à la conquête.
C’est à tort qu’on admire la grande épaisseur des chaussées romaines. Quand le sous-sol est bon, c’est un gaspillage de matériaux auquel les ingénieurs modernes ont économiquement renoncé. Ce qui importe c’est l’uni de la surface, et les progrès très remarquables réalisés au temps des diligences, ont toujours consisté à empécher la formation des ornières et à créer par le cylindrage, des surfaces parfaitement unies, en réduisant les épaisseurs,