‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 155 sur 222 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

LES LETTRES D’ETIENNE Il

Nous possédons 8 lettres d’Etienne II, numéros 4 à 11 dans Jaffé, qui nous sont parvenues par le Codex Carolinus. Les deux premières sont du milieu de 753 et préparent son voyage en France. Les autres sont postérieures à son retour à Rome et commencent à la fin de 759. Cette interruption de plus de deux ans correspond à son voyage et à son séjour en France. Dans ce groupe, les lettres 6 à 10 se réfèrent continuellement au texte écrit de la promesse, donatio, chirographum, dont il ne sera pas question dans le Liber pontificalis. La dernière lettre qui est de mars-avril 797 annonce au roi des Francs le traité passé avec Didier, et elle le fait en termes très pressants. Mais Pépin sut prudemment rester sourd à toutes ces supplications, qui seront renouvelées bien souvent par Paul Ier.

Ces lettres sont très intéressantes, car elles dévoilent la pensée intime du pontife, qui est très simple. On y chercherait vainement des considérations savantes sur les prérogatives du chef de l'Eglise, Pas la moindre récrimination contre la tyrannie des empereurs byzantins, qui pesait si lourdement, il y a moins de cent ans, sur les questions purement dogmatiques. L'idée dominante, et il n’y en a qu’une,

que chaque mot formule avec énergie, c’est que les Romains ne veulent pas devenir Lombards. Il faut combiner et multiplier l’un par l’autre, l’orgueil national des Romains et le profond mépris qu’ils professaient tout spécialement à l'égard des Lombards, gens de race inférieure, qui sentaient mauvais et dont il ne fallait même pas prononcer le nom, nec dicendi. Nous retrouvons là, avec un peu plus de decorum tout levocabulaire du Liber pontificalis,

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