LE TEXTE DE LA REVELATIO. LE TITRE
Cela posé, il reste à savoir ce que vaut le texte
même de la Revelalio, ce qui est une tout autre ques-
tion. 1l est toujours possible qu’un document, même très voisin des faits ait subi quelque altération accidentelle ou intentionnelle. C’est ce que je viens de reprocher aux Annales de Murbach et au Liber pontificalis.
J'ai déjà signalé le grand nombre des manuscrits qui remontent à une époque voisine de sa composition. Les éditeurs modernes sont divisés. Dans la première édition des Regesia en 1851, Jaffé l'avait regardée comme authentique, mais dans la seconde parue en 1885, Ewald l’a rejetée dans les apocryphes, et il le fallait bien, puisqu'elle détruit le système Jaffé-Oelsner, adopté alors en Allemagne. Cette flétrissure lui est restée lorsque en 188/, elle a été imprimée dans les Monumenta Germaniaet, Et même le nouvel éditeur, M. Waïtz, n’a pas craint d’avancer
1. Mon. germ., SS. XV, ? et 3, d'après le 342 bis de St-Omer et le 4.608 de Munich.
du’elle avait été fabriquée par Hilduin, ce qui est une grosse absurdité.
Le mot Revelalio, qui figure dans le titre, éveille l'idée d’une communication surnaturelle et il a sans doute déplu aux critiques. Mais le titre a été ajouté après coup, et il varie notablement dans les manuscrits, J’y reviendrai dans un instant. Je propose donc d'en faire abstraction provisoirement. Le texte même ne parle, à mon avis, que d’un songe, ce qui est la forme la plus humble des interventions divines, et il n’est pas douteux, je peux le dire tout de suite, qu’on a voulu plus tard corser un peu les faits. Mais si on s’en tient strictement au texte, on voit que le pape,gravement malade et en danger de mort à l’abbaye de saint Denys, a vu en songe les apôtres Pierre et Paul, ainsi que le bienheureux Denys patron de l’abbaye. Ce dernier s’est efforcé de le consoler; il lui annonce sa guérison prochaine, et il lui ordonne de consacrer un autel aux apôtres Pierre et Paul. Le pape a en effet été guéri, et il a fait tout ce qui lui avait été prescrit. La Revelalio est divisée en deux parties. La première raconte la guérison du pape, la seconde la consécration de l’autel.
Le fait de la maladie du pape et de sa guérison subite est rapporté en ces termes dans le Liber ponlificalis : « (Stephanus) fortiter infirmavi.... dumque eum mane mortuum invenire sperabant, subito alio die sanus repertus estl »
Nous trouverons la même chose dans l'etposé