M. G, SS., XV, p
Macaigne Ici Dr 2e
éonsulter dans sa bibliothèque, le manuscrit et la petite note écrite 60 ans auparavant par un copiste, afin d'y prendre le modèle qu’il reproduirait. Je crois qu’il faut faire l’inverse, et transporter les petits caractères dans la Clausula. Cependant, comme il n’y a pas, à mon avis, de copie directe mais de simples réminiscences, j'écris ces mots en italique. Le texte étant assez court, le vais le citer en entier, mais comme j'ai déjà donné celui de la Revelalio, il n’est pas nécessaire de le répéter ici une seconde fois.
« Nam ipse praedictus domnus florentissimus Pippinus rex pius per auctoritatem et imperium sanctae recondationis domini Zachariae papae et unctionem chrismatis per manus beatorum sacerdotum Galliarum et electionem omnium Franchorum tribus annis antea in regni solio sublimatus est. Postea per manus eilusdem Stephani pontificis die uno in beatorum praedictorum martirum Dionysii Rustici et Eleutheri aecclesia, ubi et venerabilis vir Folratus archipresbiter et abbas esse cognascitur, in regem et patricium una cum predictis filiis Garolo et Carlomanno in nomine sanctae Trinitatis unctus et benedictus est. In ipsa namque beatorum martyrum aecclesia uno codemque die nobilissimam atque devotissimam et sanctis martyribus devotissime adherentem Berteradam iam dicti florentissimi regis coniugem praedictus venerabilis pontifex regalibus indulam cicladibus gralia sepliformis spiritus benedixit simulque Francorum principes benedictione sancti spiritus gratia confirmavit et tali omnes interdictu et excommunicationis lege constrinxit, ul
em 435 =
fumquam de alterius lumbis regem in aevo praesümani eligere, sed ex ipsorum quod el divina pietas exaltare dignata est et sanctorum apostolorum intercessionibus per manus vicarii ipsorum beatissimi pontificis confirmare el consecrare disposuit. Haec ideo caritati vestrae breviter in novissima paginula libeili inseruimus huius, ut per succedentium temporum et vulgi relatione propago in aevo valeat cognoscere posterorum.
On sait déjà comment l’auteur voulait seulement dater la fin de son travail. Cette seconde partie, où il a été amené incidemment à dire tout ce qu’il sait, ou qu'il croit savoir, sur le sacre de Pépin, est donc étrangère à son programme primitif, et il s'excuse à la fin de sa digression, en disant qu’il a voulu conserver ces faits à la connaissance de la postérité. Cette dernière phrase est tellement embrouillée, et nous verrons tout à l’heure pourquoi, qu’il serait impossible d’en donner une traduction littérale.
Où a-t-il pris cette relation du sacre, qui vient d’elle-même se présenter à son esprit? Il peut assurément l’avoir puisée dans les traditions orales de l’abbaye, ou même dans ses souvenirs personnels, s’il y est depuis plus de treize ans. Il semble plutôt utiliser les réminiscences d’un document écrit. En effet, son style à lui est lourd et embarrassé, les répétitions y sont fréquentes!. Mais on y trouve mainte-
1. Exemple : feticisimi Pippini et deux lignes plus bas, felicissimi regni eius; florentissimum Pippinum, et six lignes plus loin, florentissimus rex; gratia septiformis spiritus, et à la ligne suivante, benedictione sancti spiritus gratia; in aevo, et six lignes plus loin; encore... nr ACVO.
An. d enR
nant certaines expressions plus recherchées, gratia sepliformis spiriütus; regalibus indulam cicladibus; succedentium temporum. Et ce sont précisément ces mots qui sont communs avec la Revelalio. Il y a d’ailleurs de petites différences, regalibus, principes, de alterius lumbis, divina pielas, au lieu de regiis, proceres, de allerius stirpe, ce qui indique une citation de mémoire, et les corrections ne sont pas heureuses.
Or le texte de la Revelalio est beaucoup mieux ordonné, parfaitement homogène, tandis que celui-ci offre des incohérences montrant que l’emploi des mots a précédé la construction de la phrase. Le cas le plus curieux, qui apporterait à lui seul la preuve décisive, est celui de l’expression, per succedentium temporum curricula. Dans la Revelatio, le pape demande aux grands du royaume de ne jamais, ni eux, ni leurs descendants, choisir un roi en dehors de la descendance de Pépin, et cela dans toute la suite des temps, per succedenlium lemporum curricula. L’auteur de la Clausula a rendu autrement ce passage et il l’a même singulièrement dénaturé, en aggravant la parole du pape, mais les mots, per succedentium curricula, étaient restés sans emploi et il a voulu les utiliser; il les a fait entrer dans sa dernière phrase. Le mot, curricula, qui n’était pas resté dans sa mémoire n’a pas été remplacé, de sorte que l’expression n’a aucun sens. Il ne suffirait même pas de suppléer le complément de la préposition per, qui fait défaut, pour construire la phrase correctement.
Toutes ces circonstances excluent l'hypothèse d’un emprunt littéral. Si un plagiaire du 1x siècle,
Hilduin ou un autre, avait paraphrasé le texte de la Clausula, il aurait peut-être rectifié les incorrections les plus grossières, mais il aurait reproduit des membres de phrases tout entiers. Elles s'expliquent d’elles-mêmes, si la Revelalio était employée aux lectures de l’office. Le religieux aura retenu par cœur des lambeaux de phrases, ou plutôt encore les expressions les plus marquantes, et il s’en sert pour reproduire, tant bien que mal, le sens général. Mais là encore il y a de graves erreurs à signaler.
Nous lisons en effet ces mots, in regemet pairicium … unctus et benedictus est. Fustel de Coulanges s'étonne que Pépin ait été sacré comme patrice. Ce mot, en effet, ne se trouve pas dans la Revelalio, qui porte seulement, unxit in reges Francorum.
Il est dit de même dans la Clausula que les grands du royaume, ont reçu, eux aussi, une sorte de sacre, principes francorum benedictione sancti Spiritus gratia confirmavit. L’auteur reproduit indûment la formule qu’il vient d'employer pour la reine, Beriradam... gralia sepliformis spirilus benedixit. Cela constitue, dans son texte, une répétition d’autant plus vicieuse, que l’expression est impropre appliquée aux grands du royaume. Il n’y a rien de pareil dans la Revelatio. Cette dernière dit seulement que les grands ont reçu la bénédiction apostolique. Aïque
1. Fustel de Coulanges, Les Transformations de la Royauté pendant l'époque carolingienne, Paris 1892, p. 304, n° 3. Peut-être ne faut-il pas prendre à la lettre les paroles de l’auteur (de la Clausula), jusqu’à croire que Pépin ait été sacré comme patrice,