‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 180 sur 222 · Ibid, p · texte numérisé non relu

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2. Etienne II n'est pas tendre pour ses ennemis, et il est aussi très rigoureux dans ses paroles, même avec ses amis, Ainsi il affirme

les oblige qu’en les priant, ou, plus exactement, il les conjure, obligavit et oblestatus est. En outre, il donne un motif qui est tout à fait de circonstance dans la bouche du pape fugitif, c’est que Pépin a reçu la mission de défendre le Saint-Siège. C'est à cette fin que sa famille a été élue par la divine providence, quos et divina providentia ad apostolicam sedem tuendam eligere. dignata est, qu’elle a été élevée sur le trône, et consacrée par le vicaire de saint Pierre; bien plus, par ie vicaire du Christ luimême, et per eum videlicet vicarium sancti Petri, immo Domini nostri Jhesu Christi.. in polesiatem regiam sublimare el unclione sacratissima consecrare.

qu'Astolf est allé tout droit dans l’enfer : « Etenim tirannus ille sequax diaboli Haïstuifus, devorator sanguinum christianorum, ecclesiarum Dei destructor, divino iciu percussus est, et in inferni voragissem demersus (Ep. II, p. 64). Et il menàce continuellement Pépin du jugement de Dieu, s’il ne tient pas ses promesses (Ep., 6, 7 et 8). Mais il a le très grand mérite de ne pas user de ses propres pouvoirs spirituels dans un but qui ne rentre pas dans leur destination essentielle. Et jamais il n’a prétendu excommunier ceux qui ne seraient pas de son avis, dans ces questions purement politiques. La même réserve n’a pas été observée par le successeur de Paul Ier, Etienne III. Dans sa célèbre lettre aux deux feunes rois Charles et Carloman, pour les détourner de l'alliance lombarde, il a employé les formes les plus humbles de la prière « sub divini indicii obtestatione vos adoramus » (Ep. 47, p. 162), mais ensuite, il menace de l’excommunication non pas les rois eux-mêmes, mais ceux de leurs conseillers qui viendraient à les détourner de suivre ses avis. La formule qu’il emploie est conçue en termes très énergiques : « Et si quis, quod non optamus, contra huiusmodi nostrae ordinationis atque exhortationis seriem agere praesumpserit sciat se auctoritate domini mei beati Petri apostolorum principis, anaïthematis vinculo innodatum et a regno Dei alienum atque cum diabolo et eius atrocessimis pompis et ceteris impiis aeternis incendiis concremandum deputatum. On voit par là qu’en parlant d’excommunication, l’auteur de la Clausula a exprimé une idée qui était dans l'air, mais la Revelatio a bien raison de ne pas l’attribuer au pape Etienne II. Il y a là un nouveau caractère de véracité qui mérite d’être relevé.

C’est donc bien dans la Revelatio qu’il faut chercher le véritable procès-verbal authentique de cette cérémonie si importante, mais la Clausula nous montre l’évolution qui se fait immédiatement dans les esprits et qui aboutit à la singulière théorie du droit divin de la famille régnante, lequel a d’ailleurs été transféré à la dynastie capétienne. Nous voyons qu’elle a été créée pour la race de Pépin, et qu’elle a son germe dans une fausse interprétation de la cérémonie du sacre, ainsi que du commentaire que lui a donné le discours du pape. Au bout de 13 ans, nous apprenons par la Clausula que Pépin a été sacré en outre comme Patrice des Romains, sa famille n’a plus aucune obligation envers le Saint-Siège; et néanmoins, le privilège dont elle est investie est. maintenant garanti par la sanction de l’interdit et de l’excommunication,

DR Er Tete

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