‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 186 sur 222 · AA NES · texte numérisé non relu

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poniificulis a passé sous silence un acte qui a eu, à son heure, tant d'importance. Le plus grave est qu'il avait pour cela, comme nous le savons, de bonnes raisons, l’omission est intentionnelle.

Cette donation rentre dans la catégorie des libéralités que les princes faisaient alors aux églises, avec cette différence qu’elle est beaucoup plus considérable, et cette étendue inusitée la fait passer de l’ordre économique dans l'ordre politique. La concession d’une ville ne signifie pas que les habitants sont dépossédés de leurs biens, elle exprime seulement le droit de lever des impôts. On aimerait savoir comment ces droits de souveraineté ont été définis, mais c’est beaucoup demander à des hommes du vitre siècle, d’autant qu’à cette époque où l’immunité engendrait le régime féodal, on passait facilement de la propriété à la souveraineté, Nous verrons plus loin que le texte s'explique fort peu sur cette question.

Un autre caractère de l’acte de Quierzy c’est que le roi donnait au pape des territoires qui n'étaient pas en sa possession. C'était donc, en réalité, comme le rappellent très justement certaines des expressions ci-dessus, une promesse de donation, subordonnée à la condition qu'il serait victorieux des Lombards

Quoiqu'il en soit, donation ou promesse, le privilège établi par Pépin à Quierzy est perdu. Alors que

tant de diplômes sans intérêt, de cette époque, et

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même beaucoup plus anciens, nous sont parvenus en origmal, celui-là n’a pas résisté à l’injure du temps. On a cru que cet acte de Quierzy avait été renouvelé, mot à mot, dans la donation de Charlemagne au pape Hadrien, du 6 avril 7741, mais cela n’est pas exact. L’auteur de la Vita Hadriani dans le Liber ponlificalis, qui n’imite pas la réserve tendancieuse de son prédécesseur, rapporte que Charlemagne étant venu à Rome pendant le siège de Pavie, se fit représenter et relire la promesse faite à Quierzy par Pépin, et qu'il fit lui-même établir une autre promesse de donation ad insiar anterioris. Ces mots ne signifient pas que la précédente ait été recopiée mot pour mot. Ce nouvel acte est également perdu mais la Vita Hadriani en donne une analyse qui reproduit certainement le dispositif?,

De nouvelles concessions ont été faites par Charlemagne en 781 et en 787, dont le texte est perdu également, les conditions en sont connues par le Liber pondificalis. Les seuls diplômes dont le texte nous soit parvenu en entier sont ceux des privilèges de Louis le Pieux et d’Otton, de 817 et 962, par lesquels les deux empereurs ont solennellement confirmé et augmenté les donations antérieures.

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