RONDE
généralement restitués, principalement après l’édit de Milan, en 313. Vinrent ensuite les très riches dotations de Constantin et des empereurs chrétiens, imitées en grand nombre, au tv® siècle, par les particuliers. Enfin, au temps de Théodose l'Eglise Romaine hérita le plus souvent des très grands biens des temples païens.
La ferveur de ces premiers temps est assurément la cause première de ces biens temporels, et aujourd'hui encore la situation n’est précaire que dans les pays de tiédeur et d’indifférence. Là où la foi est plus vive, la subsistance du clergé est assurée. Cela est vrai, mais les résultats eussent été moindres si les richesses avaient été plus divisées. L'Eglise n’a commencé qu’au premier siècle de l’Empire, elle n’a connu que les débris des fortunes colossales de la République, mais ce qui restait constituait toujours, comme nous venons de le voir, une société où les titulaires de grands domaines étaient nombreux. Il lui suffisait d'atteindre quelques-uns de ces personnages pour en recevoir de grandes largesses. Et de fait, les documents parlent bien des fois de l’opulence de certains fidèles, qui nourrissaient à leurs frais un grand nombre de leurs frères pauvres. Au vi® siècle, en France comme en Italie, pour ne parler que des deux pays qui nous intéressent directement, l'Eglise était une puissance territoriale avec laquelle les pouvoirs publics devaient compter.