‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 198 sur 222 · Voir le chapitre X, vi, page · texte numérisé non relu

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LE AQU

autre per designclum confinium, qui exprime beaucoup mieux son idée. Mais il prétend tout de même ne rien changer, car il ajoute, sicul in eadem donclionem continere monstratur. Cependant, comme en joignant tous les points ci-dessus on obtenait des pointes invraisemblables, ce qui était manifeste sans même le secours d’une carte, il a pris soin de supprimer les points les plus saillants, et il poursuit ainsi :

«… 1d est à Lunis cum insula corsica deinde in Suriano, deinde in monte Bardone id est in Verceto’, deinde in Parma, deinde in Regio exinde in Mantua atque Monte Silicis.

La ligne aïnsi simplifiée par la suppression de Lucques, Pistoie, Verone et Vicence, forme un contour à peu près convexe et pourrait à la rigueur faire une frontière. Mais l’auteur se garde bien de dire que tout le territoire situé au sud de cette ligne est attribué à l'Etat Pontifical, de sorte que son texte est très peu clair. Il a exercé la sagacité des critiques. Sickel avait deviné qu'il s'agissait seulement de patrimoines, mais cette idée a été repoussée avec dédain par Duchesne, lequel s'exprime ainsi sur cette question.

€ Dans mon introduction au Liber ponlificalis, Lt. 1, p. CCLXII, j'ai cherché à expliquer les conven tions de Quierzy (754) et de Rome (774) en partant de cette idée que Pépin et Charles auraient voulu

1. Il s’agit ici du monastère de Saint Verenus et il y a une corruption qui sera résolue au chapitre K, vr.

constituer en Italie un Etat romain assez fort pour se défendre tout seul contre le royaume Lombard. Il aurait laissé subsister celui-ci, mais en le réduisant assez pour qu’il cessât d’être redoutable. M. P. Kehr dans Hislorische Zeitschrift, HR p.385 et suiv. (Cf. Gôllingische gel. Anz., 1895, p. 694), a depuis proposé une hypothèse plus radicale, qui mérite . aussi d’être prise en considération. Suivant lui, les conventions seraient des plans de partage pour une éventualité prévue, la suppression du royaume lombard. Le royaume franc se serait annexé toute la Haute-ltalie jusqu’à la Magra, et aux environs de - Venise, s’assurant ainsi, outre la totalité des débouchés des Alpes, la meilleure partie de la plaine du Pô; le reste aurait formé un état distinct, sous les auspices du papel. »

Ces projets savamment combinés feraient honneur à la diplomatie moderne, et l’occasion de les réaliser se présenta tout aussitôt, après la prise de Pavie. Mais Charlemagne préféra s’annexer tout le royaume des Lombards, et il n’agrandit le duché de Rome que plus tard, par petits morceaux. Ni lui ni Pépin ne voyaient aussi loin, et il y a là tout simplement une erreur de copiste, une corruption de texte, à laquelle on n’attacha, dans la suite, aucune importance. La ligne Luna-Monteselice reparaît, on ne sait pas pourquoi, dans le privilège d’Otton de 962, et cette stipulation est demeurée lettre morte, comme auparavant, elle n’a jamais eu aucune suite,

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