‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 199 sur 222 · AR · texte numérisé non relu

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La restitution des patrimoines énumérés dans le Quierzy, était chose beaucoup plus simple, et cependant elle n’allait pas sans difficulté, car les confiscations étaient très anciennes, elles remontaient en général à plus de 150 ans, aux premiers temps de l’invasion. Plusieurs restitutions du même genre avaient déjà été accordées par Luitprand. Mais que fut-il fait après 754, ou du moins après la paix de 756? Une lettre du pape Hadrien semble dire qu’en 778 on n’avait pas encore commencé, et il a cité les patrimoines de la Tuscie, de Spolète et de Bénévent, de la Corse et de la Sabine. Il est vrai que la Tuscie et la Sabine ne figurent pas dans le Guierzy.

« … deinde per biluneas ducatum Veneliarum et Istriae integriler cum omnibus civilatibus castris oppidis vicis paroechiis eis subsislentibus. »

Ceci est une interpolation, car en 754 l’Istrie, sinon la Vénétie en terre ferme, appartenaient toujours à l’Empire Grec. Une lettre du pape Etienne II de 771, montre que dès cette époque les papes élevaient des prétentions sur ces contrées, et ils entendaïent

1. Cette lettre Dum nimio provocati, de mai 778, renferme la plus ancienne citation de la célèbre Donation de Constantin, qu’on venait alors de composer. Elle reproduit également un passage du Quierzy que nous avons rencontré plus haut, sed et cuncta alia quae per diversos imperatores patricios etiam et alios Deum timentes…. in partibus Tusciae, Spoleti seu Benevento atque Corsica simul et Samniense patrimonia..… concessa sunt et per nefandam gentem Langobardorum per annorum spatia abstulta atque ablata sunt vestris temporibus restituantur. » Et le pape ajoute qu’il a toufours dans ses archives les titres de propriété. Unde et plures donationes in Ssacro nostro serinio Lateranense reconditas habemus. Il n'y a pourtant pas d'emprunt textuel, maïs le sens est celui que nous avons donné, c'est bien des patrimoines qu'il s’agit.

même les fonder sur la donation de Pépin, Voici un extrait de cette lettre qui était adressée au patriarche de Grado aujourd’hui Gradisca sur l’Izonzo.

« Quippe vos, carissime frater. Deo propitio totis viribus inhianter satagimus decertandum, sicut predecessor noster sanctae recordationis dominus Stephanus papa, ut vestra redemptio atque salus et immensa securitas quemadmodum nostra opitulante divina misericordia proficiat, quoniam in nostro pacto generali quod inter Romanos Francos et Langobardos dignoscitur provenisse, et ipsa vestra Istriarum provinciae constat esse confirmata atque annexa simulque et Venetriarum provinciae. »

Aïnsi, l’Istrie et la Vénétie auraient été comprises dans ie traité de 755 passé avec les Lombards après la première campagne et renouvelé après la seconde. Mais on oublie que les Lombards ne disposaient que de l’ancienne province de Vénétie en terre ferme, et que pour l’Istrie il aurait fallu ajouter encore les Grecs de Constantinople. Ge traité reproduisait certainement les termes de la donation, mais ce qui suit est encore plus précis.

« Ideo confidat in Deo immutabile sanctitas tua, quia fideles $. Petri studuerunt ad serviendum iureiurando S. Petro apostolorum principi et eius omnibus vicariis, qui in sede ipsius apostolica usque in finem seculi sessuri erunt, in scriptis contulerunt promissionem, ut sicut hanc nostram Romanorum provinciam et exarchatum Ravennatium et ipsam quoque vestram

provinciam pari modo ab inimicorum oppressionibus semper defendere procurent!. »

Ges considérations embarrassées prouvent simplement qu’on avait déjà commencé à interpoler le Quierzy. Nous verrons, en effet, que cette opération a pu être réalisée par échelons, à mesure que s’élargissaient, à la faveur des circonstances, les prétentions pontificales. Et tout d’abord, l’idée fit son chemin, puisque trois ans plus tard, l’Istrie et la Vénétie figurent dans la Vila Hadriani. Mais cette disposition resta toujours lettre morte, Charlemagne s'étant, dès 775, emparé d’une partie de l’Istrie, le duché de Frioul, la garda pour lui, et il n’en fut plus jamais question dans la suite. Il conquit l’Istrie byzantine en 787 et il la conserva également.

« .… deinde Andrianeusem civitalem in Cumaclum deinde in Ravenna cum ipso exarchalu sine diminulione »

A la rigueur, les mots sine diminutione sont les seuls qui ne conviennent pas à l’année 754, ils se rapportent à l'exécution du traité de 757 avec Didier. Il n’était pas nécessaire de répéter une seconde fois l’exarchat, mais cette incorrection n’a rien d’anormal, M. Schnürer cependant a supprimé le tout, et je crois finalement qu’il a eu raison. Ravenne est le n° 1 et Comacchio (Cumaclum) est le n° 22 du traité de 756, mais le Liber ponlificalis nous apprend que cette dernière ville a été ajoutée au traité de 755, ce

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