Vita S. Vereni, Act. SS. IV sept. c
de Sarzano, c’est-à-dire de Vezzano, et qui établit une station en avant de Verceto. Le sanctuaire dont il s’agit n’était donc pas au sommet d’une montagne puisqu'il se trouvait au bord de la Magra, et le mont Bardo est en effet à quelque distance de Vercetot. Ainsi la préposition « in » qui setrouve devant monte Partonis est une expression impropre. Il faudrait qu’elle soit remplacée par « ante » de sorte qu'on lise « S. Ver(eni) an(te) monte Partonis ». Une corruption facile à comprendre aurait réuni les deux premiers mots, après quoi on aurait ajouté « in » pour rétablir la construction de la phrase, ce qui donne la leçon du Codex Trevisano, « S. Veriani en monte Partonis ».
Telle est du moins la théorie de M. Schnürer, qui ne craint pas de remanier les textes. L’éminent critique pense que cette restitution parfaitement correcte, est ce qui se trouvait réellement dans le donation de 74. C’est certainement ce qui aurait dû y être écrit, mais comme la double corruption, corruption des deux premiers mots et addition de « in» se trouve identique dans les trois pièces qui en sont issues, je crois qu’elle a dû exister dans l'original. La chancellerie pontificale n’avait pas apporté ses archives, elle ne pouvait rien vérifier, il a donc fallu
1. J’emprunte toute cette description à M. Schnürer, p. 87, qui l’a tirée lui-même de Schütte, Der Apenniner pass des Monie, Bardone und die deuischen Kaiser (Hist. Siudien verôff. vw. Ebering Heîfl 26), Berlin 1901. Les expressions mons Pasionis, mons Pardonis, mons Bardone et même mons Burdonis sont des variantes, du même nom, et M. Schütte a prouvé p. 26, n. 1 que ce nom s’appli, que bien au système de montagnes qui forment la passe de la Cisa située à 40 kilomètres environ du monastère.
écrire de mémoire le nom du monastère, et on aura mis par erreur « Veriani » au lieu de « Vereni ». Puis, on aura employé la préposition « in » pour signifier dans le sens large, le voisinage du mont Bardo. A la vérité, la petite troupe qui formait l’escorte pontiticale avait traversé ce lieu même pour passer de Toscane en Lombardie, en allant de Rome à Pavie. Mais on ne retient pas toujours exactement ce qu’on a vu, et, à cette époque, on ne tenait guère à la précision. J’ai donc conservé sans y rien changer la leçon du Codex Trevisano, en me bornant à dire en note que « Veriani» a été mis pour « Vereni», Cette petite rectification n’a par elle-même aucun intérêt, elle sert seulement à mieux comprendre la filiation des textes.
Le fragment Hic Dominus et la Vila Hadriani présentent une altération spéciale. Tous deux ont réuni au mot suivant l’s qui forme l’abréviation du mot sancii. Mais, tandis que le Hic Dominus a transformé en a le point qui suivait l’s, et rétabli ensuite en toutes lettres le mot sancli, la Vila Hadriani a supprimé l’e de Veriani, ainsi que le mot monaslerium, ce qui donne dans le premier cas « sancii Severiani » et dans le second le mot « Suriano », qui a tant embarrassé les commentateurs.
Enfin, la Vita Hadriani considère le Surianum et le mont Bardo comme deux localités distinctes et elle va de l’une à l’autre par l’adverbe « deinde », ce qui prouve que l'écrivain ne connaissait pas la disposition des lieux. Ainsi donc, c’est la Vita Hadriani qui donne la leçon la plus défectueuse, et cela
prouve une fois de plus, que l’auteur du Faniuzzi a disposé d’un autre modèle qui ne peut être que le texte même du Quierzy, et qu’il semble bien avoir reproduit exactement.
Mais que signifie cette inscription? Que vient faire le monastère de Saint-Verenus dans l’énumération des patrimoines? Je crois qu'il ne faut pas chercher L'auteur vient d'écrire le nom de la ville de Lucques, et il s'apprête à inscrire celui de la ville de Parme. Il lui revient que si l’on va de Lucques à Parme, il faut passer par le {monastère de Saint- Verenus.
Cette pensée n’a aucun rapport avec le très grave sujet qu'il traite, mais elle se présente à son esprit. C’est sans doute un souvenir de voyage, Car il a parcouru cette route, il y a six mois, et il éprouve le besoin d’en faire part à son lecteur. Cela n'aurait aucun sens, et serait pure fantaisie à notre époque, mais au vire siècle, il ne faut s'étonner de rien. Bien plus, il y a là un signe tout spécial d’authenticité, que l’auteur a déposé à son insu, pour venir en aide à la critique moderne. Un pareil texte n’a pu être composé que par un compagnon de voyage d’Etienne Il, et la preuve c’est que l’auteur de la Vila Hadriani qui écrivait à Rome n’y a rien compris.