‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 212 sur 222 · Cf. Duchesne, op. cit., p. 148 et sqq · texte numérisé non relu

Cf. Duchesne, op. cit., p. 148 et sqq

Contre la violence brutale, les clercs faibles et désarmés ne pouvaient se défendre que par la ruse, et on fabriqua de fausses pièces. Le Fantuzzi et la célèbre Donation de Constantin sont la réponse à la confiscation de l’exarchat de Ravenne,

Le Fanluzzi avait pour but, en interpolant le Quierzy, de faire remonter à l’acte primitif de Pépin, la concession des territoires réclamés. Il ne pouvait pas être opposé au roi des Francs qui possédait l’original de la donation, mais il pouvait agir sur l’opinion, qui, déjà à cette époque, était une force. La Donation de Constantin n’avait pas une portée aussi directe, mais elle offrait cet avantage, que les Francs ne pouvaient rien vérifier. Le pape Hadrien se hâta de la signaler à Charlemagne par la lettre Dum nimio provocatu qui date de 778. Il vante la générosité du grand Empereur Constantin, et il obtint, en effet, des concessions nouvelles en 781 et en 787. La supercherie a si bien réussi qu’elle a fait loi pendant tout le Moyen-Age et qu’elle n’a été découverte que dans les temps modernes.

Cet acte de Charlemagne, si gravement répréhensible au nom même de la religion qu’il a profanée, a passé inaperçu, sans doute parce qu'il a été réparé sans trop tarder. Le pape Hadrien n’a protesté qu'avec ménagements, auprès de son trop puissant protecteur, en ayant soin de rejeter la faute sur l'archevêque de Ravenne, qui, en effet, était

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