‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 23 sur 222 · SPAIN · texte numérisé non relu

SPAIN

le nord, les vieilles fortifications augmentées par Vauban servirent efficacement à défendre la frontière. La petite ville de Landrecies fut assiégée plus de vingt fois, et Bouchain aussi très souvent. Napoléon passant à St-Quentin en 1810 pour inaugurer le nouveau canal de l’Oise à l’Escaut, trouva que ces remparts ne servaient plus à rien, la frontière passait alors à Hambourg, et il en ordonna la démolition. Il coucha le lendemain à Cambrai et il aurait voulu en faire autant, mais l'affaire ne fut pas réglée sur l'heure, et il n’a plus eu le temps de s’en occuper.

La question ne fut reprise qu’en 18961 A cette époque, on n’entrait dans toutes les villes du nord, qu'après de, longs détours dans les défenses extérieures ajoutées. par Vauban. Quand donc, j'ai démoli en 1895 les très anciennes fortifications de Cambrai, les habitants se demandaient avec inquiétude si les faubourgs allaient pouvoir se raccorder

1. A Cambrai, jusqu’en 1870, on fermait les portes de 10 h. du soir à 5 heures du matin, et pendant ces sept heures de nuit, il était impossible d’entrer dans la ville ou d’en sortir. Les réunions du soir se terminaient de très bonne heure parce qu’it y avait toujours dans la compagnie quelques personnes du voisinage ayant besoin de passer les portes.Cette coutume qui n’avait plus de raison d’être après 1870, existait encore quand je vins habiter Cambrai en ,1886; elle a disparu dans la suite. Les premières fois que j’allai dîner en ville, je fus surpris de voir que tout le monde se retirait précipitammnt à neuf heures et demie. En outre, un veilleur de nuit sonnaïit de la trompe toutes les heures du haut du beffroi municipal, pour annoncer qu'aucun danger ne menaçait la ville et que les citoyens pouvaient dormir tranquilles. Le Gallu, ainsi appelait-on le veilleur, a continué jusqu’au 25 août 1914, la veille de l'entrée des Allemands. On était si habitué à cet état de guerre défensif, qu'en 1865, lorsque le génie proposa de supprimer les fortifications d’Avesne, le Conseil municipal protesta, et démontra dans une délibération fortement motivée, tous les avantages des remparts et des servitudes militaires.

AR veu

avec les rues de la ville, et on a été émerveillé de voir qu’ils les prolongeaient parfaitement. C’est qu’en effet, les grandes routes qui sont des chaussées romaines sont antérieures à la construction des murailles. Et maintenant, toutes ces villes débarrassées de leurs fortifications, largement ouvertes sur la campagne, ont repris l’aspect qu’elles avaient au 1r1e siècle. Cette belle période de la paix romaine se relie donc à l’époque moderne, par-dessus tout le Moyen-Age, après une cassure de quinze cents ans.

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