‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 33 sur 222 · HOT · texte numérisé non relu

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n'ont pas amené de graves conséquences, c’est que les armées ennemies ne valaient pas mieux.

Le pillage était le seul dédommagement parfois fructueux offert à ces hommes arrachés à leurs travaux et privés ainsi de leurs moyens d’existence. Et, bien entendu, on n’attendait pas d’être en pays ennemi pour tout dévaster. Ce mal, que les armées les mieux pourvues n’ont pas toujours évité, était alors d’une absolue nécessité. Les exemples sont très nombreux, en voici quelques-uns empruntés à Grégoire de Tours.

Les gens du pays de Bourges, lancés par le roi Gontran contre les gens de Tours « mettent le feu partout ». Une autre fois, les gens de l’Anjou envoyés contre ceux de Bourges, brüûülent et pillent « au point qu’il ne reste plus dans la campagne une seule maison, une seule vigne, un seul arbre ». Les gens de l’Orléanais envoyés contre ceux du Poitou « pillent, brûlent, massacrent ». Et ces gens d'Orléans revenant du Poitou par le pays de Tours, avec qui ils ne sont pas en guerre, font les mêmes pillages, brûlent les églises et « enlèvent tout ce qu’ils peuvent trouver ». Une armée du roi de Burgondie envoyée pour conquérir la Septimanie, commence par ravager le pays burgunde, les bords de la Saône et du Rhône : « elle enlève récoltes et troupeaux, et remplit son propre pays de meurtres et d’incendies ». Le corps d’armée qui vient d'Aquitaine « commet les mêmes ravages »; en traversant le territoire de Nîmes, «ils brûlent les oliviers, iis cou-

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pent les vignes »; € on ne saurait dire, combien sur leur passage, en leur propre pays, ils commirent de meurtres et de vols. Dans l'Auvergne toutes les églises situées dans le voisinage de la grande route que suivait l’armée, furent dépouillées même de leurs vases sacrés. » Le territoire de Metz fut saccagé de la même manière. « ils commirent tant de pillages, de meurtres et de carnage qu’on aurait dit qu’ils avaient introduit une armée ennemie dans leur propre pays. » « Le long du chemin qu’ils suivirent, ils brüûlèrent, tuèrent, pillèrent et firent toute sorte de crimesi, »

Ces pillages étaient rémunérateurs, car il arriva que les Tourangeaux n'ayant pas été convoqués à une expédition qui se faisait dans la Gaule même, beaucoup d’entre eux voulurent s’y joindre pour le profit, seculi sunt exercitum de Turonicis mulk, lucri causaï,

Il est probable qu'avec le temps on a dû orgamiser un peu cette masse incohérente, Les premiers carolingiens, Charles Martel, Pépin, Charlemagne ont fait des guerres heureuses, il fallait qu'ils aient un instrument approprié. Nous verrons plus loin qu’au virie siècle, Charles Martel donna une grande quantité de biens d'église à des hommes de guerre, cela dut constituer des cadres d'officiers et même de sous-officiers. Le domaine ecclésiastique était char-

1. Greg. Tur., VII, 12; VI, 31; VII, 24; VIII, 30; X, 3 et 9. Cf. Fustel de Coulanges. La Monarchie franque, p. 299-301. ‘2. Greg. .Tur., VII, 28.

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gé de pourvoir à l’entretien de l’armée, cela est écrit expressément, dans le deuxième canon du concile de Leptinnes, en 743. Et cette situation si irrégulière dura pendant toute la période carolingienne, même sous des souverains tels que Louis le Pieux,

On trouve dans les capitulaires de Charlemagne quelques renseignements, non pas sur l’instruction militaire des troupes, mais sur les conditions mêmes de cette mobilisation. Le document le plus curieux est l’ordre de guerre adressé à Fulrad, abbé du Monastère de Saint-Quentin en Vermandois, près de Péronne, La date n’est pas connue exactement, elle est comprise entre 802 et 810.

« Charles, sérénissime auguste, couronné de Dieu, grand et pacifique empereur et avec l’aide de Dieu roi des Francs à l’abbé Fulrad. Nous te faisons savoir que nous avons fixé notre rendez-vous général pour la présente année en Saxe, dans la partie orientale, près de la rivière Boda au lieu nommé Starasfurt! En conséquence, nous t’ordonnons que tu te rendes en cet endroit en plein service avec tes hommes, bien armés et fournis de tout, et que Lu t'y trouves le 14 des calendes de juillet? Vous serez, toi et tes hommes, si bien garnis de toutes choses nécessaires, que vous puissiez aussitôt marcher en guerre du côté où vous recevrez l’ordre de marcher, c’est-à-dire que vous devrez avoir avec

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