‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 34 sur 222 · Le 18 juin · texte numérisé non relu

Le 18 juin

Le EE

vous tout ce qu’il faudra en armes, vêtements, vivres, ustensiles et tous instruments. Chaque cavalier aura l’écu, la lance, l’épée longue, et l'épée courte, arc, carquois, flèches. Dans vos chariots vous aurez des cognées, des haches, des pioches, des pelles en fer et tout ce qui est nécessaire à l’armée. Vos chariots devront porter des vivres pour trois mois, des vêtements et armes pour six mois, à COmpter du jour du rendez-vous à Strarasfurt... Aïe soin de n’apporter à tout cela aucune négligence si tu veux mériter nos bonnes grâces, »

Ces prescriptions minutieuses devaient, si elles étaient observées, remédier tout au moins au pillage des armées en marche et assurer l’équipement des hommes, elles témoignent d’un réel effort d’organisation. Elles étaient acceptables pour les grands propriétaires qui n'avaient à conduire qu’un petit nombre d'hommes libres, tandis que l'exploitation de leur domaine était assurée par les serfs et les esclaves, c'était une forme d'impôt en nature. Elles étaient une charge écrasante pour ceux qui vivaient de leur travail, et qui se trouvaient du même coup privés de leurs moyens d’existence. Il semble en vérité que cette société était, de propos délibéré, organisée contre les faibles.

Les petits propriétaires, ceux qu’on appelait alors les « pauvres » et qui l’étaient en effet, n'étaient pas

1. Jaffé, Liber Carolinus, p. 387, et Fustel de Coulanges, La Transformation de la Royauté, p. 519-522 qui cite une autre lettre adressée en 817 par le Métropolitain de Tréves à Prothaire, évêque de Toul.

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