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Il n'y eut souvent qu’un seul roi, et beaucoup furent des enfants. Les deux premiers carolingiens, qui avaient cependant plus d’esprit politique, revinrent à l’ancienne coutume du partage, mais par suite de circonstances accidentelles, l’unité se rétablit les deux fois, sans guerre.
Charlemagne eut trois fils légitimes, et il leur avait assigné à chacun un royaume. Dans sa pensée, la dignité impériale ne devait pas être divisée et serait attribuée à l'aîné, Pépin déjà roi d'Italie, et qui aurait autorité sur les autres. L'empire, en effet, était trop grand pour ne faire qu’une unité, et le partage de 806 avait esquissé une division géographique en trois parties. Mais Charlemagne, qui n'avait jamais que de courtes vues, ne fit rien pour assurer l’avenir, et ses deux fils aînés étant morts avant lui, il associa à l’empire le troisième, Louis, déjà roi d'Aquitaine, à qui il laissa le soin de tout régler dans la suite. :
Pour comprendre ce qui arriva, il faut bien connaître les conditions de la fidélité, qui ébauchait alors le régime féodal, et dont je parlerai un peu plus loin. En 817, Louis le Pieux fit un partage entre ses trois fils, qui ressemble à celui de 806, Mais un quatrième fils lui étant survenu en 820, il voulut lui donner aussi un royaume. C’est là pour nous une aberration incroyable, car nous sommes aujourd'hui bien convaincus que la royauté est une fonction établie dans l'intérêt des peuples, et non pas un bien de famille reçu par héritage, dont
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le père doit compte à ses fils. Il fallait donc arrêter une fois pour toutes la division de l’empire, d’après les intérêts généraux des peuples, et ne pas la régler sur le nombre des enfants du souverain. L'hérédité stricte, avec droit d’aînesse, aurait été alors le bienfait le plus précieux en assurant l'intégrité du royaume et écartant les compétiteurs.
Mais la difficulté était alors beaucoup plus grande, à cause du lien de fidélité déjà établi entre les jeunes rois.et leurs sujets, qu’il fallait rompre et transporter à un autre. Ce second partage impliquait un bouleversement général des intérêts les plus graves, dans tout l’empirel. Il en résulta, pendant vingt ans, une querelle très violente et très confuse, qui se termina par une lutte sanglante. Le 25 juin 841, deux grandes masses d'hommes de tous les pays s’entre-tuèrent à Fontanet, sans savoir pour- .quoi ils se battaient, après quoi on conclut, de guerre lasse, le traité de Verdun en août 843. Cette catastrophe était peut-être nécessaire pour libérer les esprits de la coutume germanique du partage.
1. Il était intérdit par la législation en vigueur depuis Chars lemagne, de se commander en dehors du royaume. C'est pourquoi le changement apporté aux limitss des royaumes entramait l'annulation de tous les bénéfices. Voir à ce Sujet le chapitre IV, zx, ci-après, page 185, La fidélité et la royauté.