‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 46 sur 222 · LOG · texte numérisé non relu

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qu’il était plus doux que celui des laïques. Les documents sont unanimes sur ce point. En outre, il était plus sûr, la terre était mieux garantie par une protection spéciale de Dieu et de ses saints. Les pillards étaient excommuniés, sans compter les châtiments spéciaux dont les récits grossissaient le livre des miracles de chaque église.

Ce grand domaine qui allait toujours croissant, plaçait sous l’autorité de l’évêque, comme de tout propriétaire, les serfs et les colons attachés à la terre. De plus, le prélat étendait sa juridiction sur plusieurs catégories d’hommes libres. Et cela, en dehors de l’immunité qui put venir plus tard compléter son pouvoir, et le rendre tout à fait indépendant du comte.

Outre le clergé proprement dit, engagé dans les ordres majeurs, il y avait la foule des clercs inférieurs, qui étaient les serviteurs de l'Eglise plutôt que ses ministres. Ils se mariaient, vivaient dans le monde et faisaient généralement un petit commerce. Puis, c'étaient les pauvres, et on entend par là, non plus es petits propriétaires, mais les indigents qui étaient secourus habituellement par l'Eglise. Il y avait parmi eux des hommes valides, de sorte qu’ils tenaien à la fois des clients de l’ancienne Rome, et des inscrits à nos bureaux de bienfaisance d’aujourd’hui.

Tous les affranchis, ceux-là même qui venaient des propriétaires laïques, étaient sous le patronage de l'Eglise. EL enfin, beaucoup d’autres personnes réclamaient volontairement la juridiction épisco-

pale. C'était la foule des petites gens, des faibles, des timides qui, dans cette époque troublée, avaient plus de confiance dans la protection d’un évêque que dans celle des lois.

En résumé, l’évêque était chef des clercs, propriétaire de milliers de colons, soutien des pauvres, patron des affranchis, appui des faibles. Il dressait son tribunal à côté de celui du comte, et on ne sait pas trop quel est celui des deux qui était le plus fréquenté. En dehors de la juridiction spirituelle qui s’étendait à tous, l’évêque était souverain temporel, non pas encore sur un territoire, mais sur une foule d'hommes de chaque territoire. La société évoluait rapidement vers un pouvoir temporel complet des princes de l'Eglise, ce qui arrivera plus tard pour quelques-uns.

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