‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 63 sur 222 · Le texte énumère 48 domaines situés dans 11 régions, mais · texte numérisé non relu

Le texte énumère 48 domaines situés dans 11 régions, mais

ajoute qu'ii y en a encore d’autres qui ne sont pas désignés nommément. 2 e

n'étaient pas d’accord sur cette très grave question. Carloman voulait la réforme de l'Eglise. Pépin, plus politique, craignaiït d’affaiblir l’armée, et de mécontenter ceux dont il avait besoin pour s'élever au trône. Même après le compromis du concile de Leptinnes, il restait à régler les modalités d’application. Carloman s’était fait des ennemis, et, nécessairement, il inquiétait les détenteurs des biens d’Eglise. Sa retraite simplifiait bien des choses. Elle rétablit l’unité du royaume, et elle permit de mettre fin à la fiction mérovingienne, ce qui arriva peu après. Cette hypothèse que je propose, car il n’y a jamais là qu’une conjecture, concorde bien avec cette phrase énigmatique d’Eginhard, le seul commentaire qui nous soit parvenu : « incertum quidem de causis, tamers videtur quod amore conversationis contemplativae succensus » (Vita Caroli, Il).

Les Annales de S. Bertin rapportent que Pépin, lors de son premier sacre, en 791, rendit à certains évêques, sur les instances de saint Boniface, la moitié ou le tiers des biens, promettant même de restituer la totalité dans la suite! Si ces promesses avaient été réalisées, et même si les mesures prises avaient eu quelque importance, les conciles de 755 à 757 n'auraient pas manqué de vanter la générosité du roi. Le premier en date de ces conciles qui se tint à Ver près de Senlis le 11 juillet 755, constate au con- “traire la persistance des irrégularités et l’impossibilité 1. Pippinus, monente sancto Bonifacio, quibusdam episcopa-

tibus vel medietates, vel tertias rerum (reddidit) promittens in post modum omnia restituere. P. L., CIV, 374. Ad annum DCCL.

d’y remédier. Les actes de ce concile commencent ainsi :

« Les règles des anciens Pères et les lois très sages établies pour la correction des hommes, auraient suffi à la sainte Eglise, si leurs droits très saints étaient demeurés intacts. Mais comme des conjonctures insolites se sont rencontrées dans des temps troublés, il est arrivé par suite aussi de la négligence, que plusieurs de ces droits ont subi une infraction. Ainsi le très glorieux et religieux homme illustre Pépin, roi des Francs, a réuni en concile la presque totalité des évêques de la Gaule dans son palais public de Ver, dans le désir de restaurer les institutions canoniques. Et comme il ne semble pas possible de les rétablir immédiatement dans leur intégrité il veut cependant qu’on s’efforce de corriger en quelque partie ce qu’il connaît bien être contraire à l’Eglise de Dieu. Et si des jours sereins lui sont divinement réservés dans une période de tranquillité, il souhaite que tout soit totalement rétabli suivant les saints canons, et que par un secours plus abondant de la grâce divine cela soit conservé plus pleinement, avec plus de perfection et intégralement Et quand il aura été fait ainsi, il faut que cessent les infractions qui sous l’empire de la nécessité ont été apportées aux saints canons, afin que les susdits droits canoniques demeurent très fermes et dans leur intégrité parfaite. Ainsi nous les désirons intérieurement ce qu’ils doivent être, et nous les voudrions intacts! ».

Page 1