EURE
réalité, et plus tard c’est pour avoir négligé, on peut même dire pour avoir méprisé le service militaire, que l’Empire Romain est tombé.
Ce n’est pas non plus le désir de la vaine gloire qui a fait agir les Romains. Ce sentiment se confond à peu près avec le goût des armes. Le but qu'ils ont poursuivi a été plus vulgaire, tout à fait positif et terre à terre; ils ont voulu s’enrichir et ils y ont réussi. Le désir de l’opulence a été l’unique mobile de leur politique à l’extérieur et à l’intérieur. Comme nous le verrons dans un instant, les dissensions intestines entre le Sénat et la plèbe qui remplissent l'histoire romaine, avaient pour objet de se disputer les produits de la conquête. Les distinctions de classes qui subsistèrent toujours si profondes, étaient basées uniquement sur la fortune. C’est la fortune qui était, en vérité, l’unique facteur de cette société, qui l’informait dans son essence et dans tous ses membres.
Mais, gardons-nous d'introduire ici nos idées modernes. Nous serions peut-être portés à confondre ou tout au moins à associer l’idée de l’argent avec le travail qui le produit. Rien de pareil chez les Romains; ils ignoraient la loi du travail, ils ne comprenaient rien à la dignité qu'il confère à la personne humaine, Au temps de la République, quand les fonctions étaient électives, les plus riches nourrissaient à ne rien faire une foule immense de clients pour acheter leurs suffrages. Ces pauvres parasites venaient chaque jour chez leur patron chercher la sportule. Quand il n’y eut plus d’élections, ces dis-