‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 78 sur 222 · Voir le chapitre III, 1, ci-dessus, page · texte numérisé non relu

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très précieux qui subsistait entre de vastes régions de langue grecque et l'Eglise romaine. Tout le monde s’accorde à y voir une des principales causes du Grand Schisme d'Orient qui arrivera dans trois siècles.

Ici finit réellement, en cette année 732, avec le naufrage de la flotte byzantine, la domination de l'Empire Grec sur ce qui sera bientôt l'Etat Pontifical. Dès ce moment, le pape est le souverain effectit de Rome ainsi que du pays voisin, et ce qui va suivre se rattache à l’exercice de son pouvoir temporel. Le pape, du moins, est souverain matériellement, comme disent les scolastiques, car pour trouver une déclaration formelle d'indépendance à l'égard de l’Empire Grec, il faut descendre beaucoup plus bas que l’époque de Pépin le Bref, peut être même jusqu’au traicé de 803 entre Charlemagne et Nicéphore.

On aime à pouvoir assigner des dates précises aux grands faits de l’histoire, et cela est possible quand le sort d’une bataille décide aussitôt de la fortune d’un empire. Mais, ce qui nous occupe se rattache à l’ordre moral où les transformations se font par degrés insensibles. Jusqu'au dernier moment, les papes ne songeaient pas à se séparer de l’Empire. Ils y ont été amenés en quelque sorte malgré eux, et par la force des circonstances. Ce qu’ils voulaient, c’est que l’empereur les défende contre les Lombards, et si leurs conseils avaient été suivis, si l'Empereur Cons-

tantin V s'était transporté de sa personne en Îtalie avec une grosse armée, qui aurait été victorieuse des Lombards, il n’est pas douteux que la puissance byzantine y aurait été fortement restaurée et consolidée pour longtemps.

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