‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 80 sur 222 · Territoire Byzantin ZZ 712 mum · texte numérisé non relu

Territoire Byzantin ZZ 712 mum

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stable l’état politique de l'Italie. Or ici, il a hésité sur les moyens à employer, il ne paraît pas avoir compris qu’une condition essentielle était la continuité territoriale, avec de bonnes voies de communication, Nous allons voir qu’il n’a pas suivi, quand il l'aurait pu, l'exemple que lui avaient donné les Byzantins, en construisant la voie stratégique de Rome-Ravenne.

Les ducs de Spolète et de Benevent étaient des vassaux indociles à l’égard du roi de Pavie. Leur situation ressemblait à celle des ducs d'Aquitaine envers les rois francs, mais elle était beaucoup plus forte, car ils étaient protégés par la barrière du territoire byzantin. Le roi ne pouvait les atteindre qu’en traversant l’exarchat de Ravenne ou le duché de Rome, il fallait donc forcer le passage, ou s’entendre avec les autorités byzantines; ces combinaisons compliquées étaient d’ailleurs tout à fait dans le goût de l’époque. Les ducs de Spolète étaient plus directement intéressés, comme plus voisins, ce qui ne les empêchait pas de grignoter, à leur profit, le territoire byzantin, qui était cependant la sauvegarde de leur indépendance.

On voit sur la carte qu’en 712, le duché de Rome, qui nous intéresse particulièrement, s'étend le long de la mer depuis Terracine jusqu’à Cività-Vecchia sur 175 kilomètres environ. Sa largeur est alors de 80 à 100 kilomètres, Très peu de temps après, en 713, le duché de Spolète s’annexa la Sabine, ce qui retranche toute une bande au nord-est, et la lar-

geur n’est plus guère que de 60 kilomètrest!, Un peu plus tard, en 725, le même duché de Spolète occupe la ville de Narni, située à la pointe nord du duché de Romef,

Vers la même époque, le roi Luitprand fait une poussée au nord et au sud. Au nord, en 725, il avance jusqu’à Ravenne, il s'empare même de la ville, mais il en est chassé tout aussitôt par un retour offensif de l’exarque avec le secours du due de Venises, Au sud, il prit Sutri, au nord du duché de Rome, en 727-728, mais il n’occupe ce castellum que 140 jours. Grégoire II fit d’actives démarches, accompagnées selon l’usage de l’époque de riches présents, et le roi se décida à rendre le château lui-même, mais sans ses dépendances, «omnibus suis nudatum opibus“ », et il établit à ce sujet une donation en règle. Le diplôme ne nous est pas parvenu, mais le dispositif est analysé en ces termes dans le Liber pontificalis, « conationem beatissimis apostolis Petro et Paulo emittens. restituit atque donavit5 ». C’est la forme habituelle des donations aux églises, et on peut ajouter que le mot restiluit fait supposer que les choses ont été remises dans l’état primitif.

On a cherché quelle était la portée de cette donation, si elle entendait réserver, ou annuler au profit

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