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tage. Il interceptait la route de Rome à Ravenne, et il avait lui-même un accès au territoire de Spolète, En outre, et ce qui est moins correct, il manifesta l’état de guerre selon la déplorable coutume de l’époque, par des incursions et des pillages sur le duché de Rome. Il ne s’agit donc pas, comme on le dit dans les manuels, d’un plan méthodique de conquête, mais de représailles motivées par les préparatifs de l’expédition qui se faisaient à Rome pour soutenir la révolte de Trasimond.

Grégoire III, sans renoncer à ses projets de guerre, ainsi que nous le verrons plus loin, sollicita une double intervention pour faire cesser les démonstrations de Luitprand. C’est alors, en 739 et 740 qu’il écrivit à Charles Martel les deux lettres qui figurent en tête du Codex Carolinus! Elles sont très discrètes sur les affaires de Spolète et de Rénévent. Elles ne disent rien de la saisie des quatre places; elles ne parlent que des ravages exercés par les Lombards sur l’exarchat de Ravenne et sur le duché de Rome. C’est pour n’avoir pas voulu s’y associer, que les ducs de Spolète et de Bénévent ont été persécutés.

Une telle démarche n’avait aucune chance d’aboutir. Deux ans auparavant, en 737, le roi Luitprand venait de rendre un grand service à ses voisins, il avait envoyé une armée au delà des Alpes pour les

aider à chasser les Arabes de la Provence, les deux

cours étaient liées de la plus étroite amitié. Charles Martel, néanmoins, fut très flatté de recevoir les

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