‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 95 sur 222 · ONE · texte numérisé non relu

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La réponse du roi ne se fit pas attendre. C'était, dit la Vila Slephani, une pleine adhésion au désir du pape. Elle fut apportée à Rome par deux personnages notables, qui avaient certainement pour mission de réaliser tout de suite ce voyage du Saint Père, Droctogang, abbé de Jumières et un familier du roi dont le nom n’est pas donné, qui arriva quelques jours après! Pourquoi donc Etienne II ne se mit-il pas en route immédiatement ? Il y a pour cela plusieurs raisons.

Tout d’abord, l’empereur de Constantinople n’avait pas encore fait connaître sa réponse. En outre, l’opinion en France n’était peut-être pas suffisamment préparée. Le papesansaucun douteserait bien accueilli personnellement. La popularité du Saint-Siège était établie de longue date dans notre pays, par la dévotion aux saints martyrs de l’Eglise primitive, par les missions de saint Grégoire le Grand, par la diffusion de l’ordre bénédictin, et, plus récemment enfin, par l’apostolat de Boniface, qui prenait ouvertement en Germanie le titre de légat du pape. Elle se manifestait alors, par le courant qui portait à Rome tant de pèlerins, à tel point que la multitude des visites importunait Carloman au Mont Soracte. Mais cette sympathie toute religieuse, irait-elle jusqu’à faire accepter l’éventualité d’une guerre avec une nation voisine, amie et alliée ? L’abbé Droclogang revint

1. Ibid... subito coniunxit missus iamfatifregis Francorum nomine. Trottigangus abbas, per quem misit in responsis omnem voluntatem ac petitionem praedicti sanctissimi papae adimplere. Et postmedum alius missus familiaris eius coniunxit, ea ipsa adnuntians.

donc seul, et le pape lui remit deux lettres, l’une pour Pépin, l’autre adressée à tous les ducs des Francs.

La Vita Slephani ne dit rien de ce double message, il y est seulement fait allusion dans la formule générale donnée plus haut : le pape multiplia ses démarches auprès du roi. Le biographe d’Etienne II a grand soin de cacher les difficultés rencontrées. el c’est alors que son témoignage est suspect. Or ici, nous devons constater la petite lacune qui existe dans son récit et qui en interrompt la suite, car les lettres en question, qui nous sont parvenues par le Codex Carolinus, permettent de le compléter!

Ces deux lettres méritent d’être citées en.entier, non pas pour ce qu’elles disent, mais à cause surtout de ce qu’elles ne disent pas, ce qui montre à quel point le pape était embarrassé et inquiet. Nous avons pris l’habitude inconsciente de juger de ces faits après l’événement, mais ceux qui en ont été les acteurs ignoraient l’avenir, ils ne connaissaient, que le passé, et les précédents n'étaient pas de nature à encourager, c'était l’échec de Grégoire III auprès de Charles Martel. Voici d’abord la lettre adressée au roi :

« À notre très excellent fils, le Seigneur Pépin, roi, Etienne, pape.

« L'abbé Droctognag qui est ici, s’est présenté

1. Ces deux lettres devraient nous donner la date exacte du voyage de Drottogang, mais on sait que, par une négligence à peine croyable, aucune des pièces insérées au Codex carolinus ne porte de date. Ce voyage ne doit pas être postérieur à mai-juin, car Pépin était en Saxe, et la réponse était arrivée à Rome au mois d'octobre.

aux sacrés parvis de votre proctecteur, le bienheureux Pierre, prince des apôtres, il a élé introduit devant nous et il nous a transmis les paroles de salutation et d’apaisement dont il a été chargé par Votre : Excellence, gardée et très aimée de Dieu. Nous rendons avec une très grande joie des grâces innombrables au Père Tout-Puissant ; et nous prions sa Divine Miséricorde, bien que nous soyons pécheur et indigne, afin qu’il vous protège selon sa piété, fils excellent, qu’il étende et fasse prospérer votre royaume en vous inspirant sa crainte ainsi que l’amour apostolique; de telle sorte que la vie présente soit pour vous longue et heureuse, et que vous méritiez ensuite, par le fruit de votre amour apostolique, de participer à la béatitude éternelle.

« Ainsi donc Droctogang, qui est ici, votre fidèle et votre envoyé, en raison de ce qu’il nous a dit, nous avons placé dans sa bouche une réponse convenable, et nous le renvoyons à votre Bonté très sublime. Et il vous plaira de l’écouter lui et tous les autres, attendu que, à tout ce que vous nous avez mandé, nous vous avons, par la coopération du Christ, adressé des choses salutaires. Mais accomplissez la parole du Seigneur comme il est écrit : Celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. Ainsi vous recevrez le centuple et vous posséderez la vie éternelle.

« Mais nous vous demandons, fils, lorsque vous nous renverrez vos envoyés, d’y Joindre ce Jean, homme religieux, avec votre réponse, il est votre

fidèle, et il rapporte prudemment les réponses. Portez-vous bien! »

J’ai cherché, par une traduction aussi littérale que possible, à reproduire l’incohérence du style qui ne se rencontre pas habituellement dans les lettres d’Etienne II. Cette incertitudereflète, sans nul doute, l’inquiétude de la pensée, mais finalement le sens de la lettre est très clair. Elle se borne à quelques formules de politesse. La volonté bien arrêtée de l’auteur est de ne rien dire, il renvoie aux explications verbales de son messager. C’est le parti le plus sage dans une affaire difficile, car un représentant habile ne dit à chaque instant que ce qu’il faut. Etienne semble très satisfait de l’abbé Jean Droctogang, puisqu'il le recommande à la bienveillance du roi.

La lettre adressée aux grands du royaume est conçue dans le même sens, elle ne parle qu’à mots couverts, mais la forme en est très soignée. C’est un document qui était destiné à la publicité.

« Etienne, serviteur des serviteurs de Dieu aux hommes glorieux, nos fils, tous les ducs de la nation des Francs.

« L'Eglise notre sainte mère se réjouit grandement dans le progrès de ses fils. Ainsi, bien qu’absent de corps, présent cependant par l’esprit, nous saluons votre glorieuse prudence et votre dilection, très sublimes fils, comme si nous étions en votre présence

1. Jaffé, Regesla Pontificum, 2312 et Monumentes Carolina Ep. 4. p. 32.

dans le baiser de la paix, nous vous saluons dans le Seigneur en disant : Faites du bien Seigneur, à ceux qui sont bons, et qui ont le cœur droit. Nous avons confiance que vous craignez Dieu, que vous aimez votre protecteur le bienheureux Pierre, le prince des apôtres, et que vous serez ses coopérateurs et ses auxiliaires, avec toute la dévotion de votre esprit, pour accomplir ce qui lui est utile, suivant notre supplication. Nous tenons pour certain que, en raison des efforts que vous avez faits en faveur de la sainte Eglise votre mère spirituelle, vous obtiendrez, par le prince des apôtres, la rémission de vos péchés, et, par le développement de l’œuvre que vous avez commencée, vous recevrez le centuple de la main de Dieu, et vous posséderez la vie éternelle. ;

« C’est pourquoi nous prions, nous conjurons votre charité très sage, par Dieu, par Notre-Seigneur Jésus-Christ, et par le jour futur du jugement, quand nous aurons tous à rendre compte de nos actions devant le tribunal du Juge éternel, afin qu'aucune circonstance ne puisse faire que vous ne nous soyez pas des auxiliaires pour obtenir l’adhésion de notre fils que Dieu tient en sa garde, Pépin, roi très excellent, à procurer l'utilité de votre maître, le bienheureux Pierre, prince des apôtres, comme nous vous l’avons fait savoir par le religieux abbé Droctogang et ses compagnons. Ainsi, quand, par votre concours, notre prière aura été accomplie, que, en vertu de la générosité du prince des apôtres dont la cause est engagée, vos péchés seront détruits, et,

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comme il en a la puissance à lui concédée par Dieu, en sa qualité de porteur des clés, qu’il vous ouvre la porte du royaume des cieux et vous introduise dans la vie éternelle. Mais faites attention, mes fils, et pour participer à ce que nous venons de vous souhaiter, travaillez ayez beaucoup de soin. sachant que celui qui s’égare d’un autre côté sera exclu de l'éternelle béatitude:; il est écrit, en effet : celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-la seul sera sauvé. Pour ceux qui aiment Dieu toutes choses tournent en prospérité. Portez-vous bien! ».

Ge texte est beaucoup plus clair que le précédent, et il nous en donne l’explication. Le pape évite toujours de préciser ce qu’il demande, il emploie un terme vague, accomplir l'utilité du bienheureux Pierre, et il n’en trouve pas d’autre, puisqu'il le répète deux fois, perficienda utilitate. Mais on voit qu’il demance quelque chose, et quelque chose que le roi ne veut pas lui donner, puisqu'il prie les ducs d’user de leur influence auprès de lui pour obtenir

1. Jaffé, Reg. 2313, et Mon. Car. Ep. 5, p. 33. Voici les principaux passages de cette lettre si importante... Quoniam fiduciam habemus quod Deum timetis, et protectorem vestrum beatum s. Petrum, principem apostolorum, diligitis, et cum tota mentis devotione pro eius perficienda utilitate in nostra observatione cooperantes et adjutores critis; pro certo tenentes : quod per certamen, quod in eius sanctam Ecclesiam vestram spiritalem matrem, feceritis, ab ipso principe apostolorum vestra dimittantur peccata, pro cepti cursu laboris centuplum accipietis...Idcireo obsecramus atque coniuramus.… ut nulla interponatur occasio, ut non sitis adiutores, ad obtinendum Slium nostrum a Deo servatum Pippinum excellentissimum regem, pro perficienda utilitate fautoris vestri beati apostolorum principis Petri, sicut per praesentem Droctegangum religiosum abbatem, eius que concomites direximus; quatenus vobis concurrertibus, dum nostra deprecatio fuerit impleta, ipso principe apostolorum, cuius causa est largiente, vestra deleantur peccata.

son adhésion, ad oblinendum.…. regem. Voilà uné circonstance que la Vila Slephani ne permettait pas de soupçonner, quand elle affirme que Pépin, dans sa première réponse, donnait sa pleine adhésion, et se disposait à accomplir toute la volonté du pape, omnem volunialem adiumplere. Il faut restreindre cette volonté du pape à son objet le plus prochain, c’està-dire au voyage en France. Et je crois bien, en effet, qu’il n’avait demandé que cela formellement. Mais sa pensée allait bien au delà, et il avait éprouvé une déception en voyant que le roi n’était pas allé au devant de son désir. De Ilà, vient qu’il lui répond d’une façon aussi embarrassée, mais il tourne la difficulté avec adresse. Il n’insiste pas auprès du roi, il fait agir d’autres personnes. Ainsi, il s’appuie sur la partie de l’opinion qui lui est favorable pour gagner le roi, et quand il aura réussi à Ponthion et à Quierzy, c’est ce dernier, qui, par un coup d’autorité, triomphera de l’opposition.

Remarquons, enfin, quelle raison le pape fait valoir auprès des ducs, pour obtenir leur concours. Il leur promet une récompense spirituelle, mais laquelle exactement ? Elle se borne à la reconnaissance du bienheureux Pierre, qui pourra leur obtenir la rémission de leurs péchés. Ce langage est très modéré, et d’une parfaite correction doctrinale. C’est celui que parlent tous les bienfaiteurs dans les chartes de donation. Ils agissent pourla guérison de leur âme pro remedio animae, expression tellement courante qu’elle a passé dans les formules de la

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chancellerie. Ici, c’est le bénéficiaire lui-même qui sollicite, mais il n’ajoute rien, malgré sa très haute autorité, aux conditions habituelles. Le pape ne dit pas qu’il accorde la rémission des péchés; il faut en effet, pour obtenir le pardon, une disposition intérieure au moins imparfaite, qu’il n’est pas au pouvoir de l'Eglise de produire, elle peut seulement, enéchange d’une œuvre extérieure, accorder, el encore dans une proportion inconnue, la remise de la peine temporelle due au péché. Mais la doctrine des indulgences n’est pas encore établie, et le pape se borne à dire non pas même qu’il compte, mais qu’il souhaite, que le bienheureux Pierre trouvera quelque moyen d’obtenir la rémission des péchés. C’est un désir, ce n’est pas un acte de juridiction.

Malgré l’ardeur des passions d’ailleurs purement politiques de cette époque troublée, et qui dérivent uniquement de l’orgueil national des Romains, le pape a su se garder de toute exagération de ce côté. On a pu reprocher à Etienne II la violence de son caractère et son injustice à l’égard des Lombards, il faut reconnaître qu’il n’a pas abusé de son pouvoir de juridiction. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il a évité soigneusement le mélange du spirituel et de la politique. Il n’a pas excommunié Astolf, il a seulement ordonné des prières.

C’est à cet endroit de son récit que la Vila Siephani signale la première entreprise sur le territoire romain, et, chose à noter, elle émanait non pas d’Astolf lui-même, mais des Lombards de Bénévent, qui jouissaient toujours d’une certaine autonomie.

La colonie de Ceccano qui est située à l’extrémité sud-est du duché de Rome fut occupéet. Ce point où il y a maintenant une stalion sur le chemin de fer de Rome à Naples, est à plus de 80 kilomètres de Rome, et tout à fait à l’opposé du royaume de Pavie. Cette ouverture des hostilités qui indique plus de hardiesse de la part du roi des Lombards, jusqu'ici très réservé dans ses actes s'il était violent en paroles, était peut-être le résultat des nouvelles reçues en secret de Constantinople.

A ce moment même, en effet, toute l’ambassade partie pendant l’hiver était de retour à Rome, et on put apprendre que l’empereur ne ferait rien pour ’Italie. Le silentiaire Jean était porteur d’un rescrit impérial tussionem adressé au pape et l’invitant à se rendre en personne auprès du roi des Lombards pour lui réclamer la ville de Ravenne et son territoire. L'empereur voulait utiliser à son profit une démarche analogue à celle qui avait réussi à Zacharie auprès de Luitprand pour empêcher le siège de Ravenne. C'était, nous l’avons déjà dit, une étrange illusion, vu la diversité des circonstances, ou plutôt un simple aveu d’impuissance, se traduisant par une vaine démonstration qui ne coûtait rien.

L’ambassadeur lombard qu’on avait ramené, fut

envoyé à son maître chercher des sauf-conduits,

1. Lib. pont. p. 446. Cumque a Longobardis, ut praelatum est, antiqua Romana urbs et castra universa distringerentur, ita etiam ut Giccanense castellum quod colonorum sanctae Dei ecclesiae existebat,usurparet.— La première partie de la phrasesemble indiquer qu'il y aurait déjà eu des incursions des Lombards, mais comme elle se réfère à ce qui a été rapporté dans le récit même, il faut reconnaître qu'aucun fait matériel n’a été relevé, mais seulement des menaces,

et comme il revenait de Pavie, il se rencontra avec les envoyés du roi des Francs qui arrivaient de leur côté. C’étaient Chrodogang, évêque de Metz, le propre neveu de Pépin, et le duc Autcharius!. Ils avaient pour instructions de conduire le pape au roi de France, suivant la demande qu’il avait faite, et ils le trouvèrent déjà préparé à partir, pour s’acquitter de la mission dont l’empereur l’avait chargé auprès du roi des Lombards. Le pontife dut sans doute compléter ses préparatifs puisque, selon toutes probabilités, il ne devait plus rentrer à Rome avant de partir pour la France. L’allure du récit de la Vita Siephani montre que les faits se sont succédé rapidement, de sorte qu’on peut placer en septembre la prise de Ceccano’.

Le pape partit de Rome, le 14 octobre 753%,

1. Ce personnage entra plus tard au service de Didier roi des Lombards, et il prit place avec lui dans la légende carolingienne C’est l’Hogier qui a donné son nom au valet de trêfle. .

2. Lib. pont. p. 445... ita etiam ut Ciccanense castellum.. usurparet, illico a regia urbe coniunxit sepefatus Johannes imperialis silentiarius... simul et iussionem imperialem in qua inerat insertum ad Langobardorum regem eundem sanctissimum papam esse properandum ob recipiendam Ravennantium urbem et civitates ei pertinentia. Pro eo quod de praesenti direxit ad eundem blasphemum regem suum missum pro sua et qui cum eo ituri erant indemnitate; ipso que reverso, extemplo et missi iamfati Pippini.. coniunxcrunt, id est Rodigangus episcopus et Autcharius dux, quatenus praedictum sanctissimum papam, iuxta quod petendo miserat ad suum Franciae regem deducerent; quem et iam paratum invenerunt ad praedictum Longobardorum regem properandum.

3. Cette date est donnée avec une précieuse exactitude par le Liber pontificalis, p. 445, egressur est ab hac Romana urbe... XIII] die octobris mensis, indictione VII. L’indiction est la seule chronologie qui, à cette époque, donne des points de repère invariables, elle va toujours du 1e septembre au 31 août. Si on n'avait pas ici une donnée aussi précise, on pourrait, en raison des lacunes et de la eonfusion des chroniques, hésiter sur la date du voyage d’Etienne II

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C'était un dimanche. Il emmenait avec lui une suite nombreuse, qui devait l’accompagner jusqu’à Pavie, composée non seulement de prêtres de la sainte Eglise de Dieu, mais aussi des principaux, tant de l’ordre clérical que de la milice. Une grande foule de peuple venue aussi des villes voisines, se porta sur son passage, avec des pleurs et des gémissements, si compacte qu’elle l’empêchait même d’avancer!

Ce départ ne rappelait-il pas l’embarquement de Vigile deux cents ans auparavant, mais les événements avaient marché. Au lieu d’être traîné en captif, le pontife romain sortait en triomphateur, pour aller conclure avec le souverain le plus puissant du monde chrétien, une alliance qui durera dix siècles.

comme sur la date de la première campagne d'Italie. Voir à ce sujet le chapitre XI, 1.

1. Lib. pont. ibid... secuti sunt eum plures Romanorum et ceterarum civitatum populi flentes ululantesque, nequaquam eum penitus ambulare sinebant. Et adsumens secum ex huius sanctae ecclesiae quosdarn sacerdotes, proceres etiam et ceteros clericorum ordinis, nec non et ex militiae obtimatibus... coeptum profectus est iter.

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