‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 97 sur 222 · Quierzy. X. 1, 4, n° 10, page · texte numérisé non relu

Quierzy. X. 1, 4, n° 10, page

sécurité et de paix, de sorte que, sur ce point, il s’associait, de son côté, à la reconnaissance personnelle du roi. Je crois donc volontiers que le Coniinualeur de Frédegaire est dans le vrai, quand il dit plus tard, qu’en apprenant l’arrivée du pape, Pépin fut rempli d’une grande joiel, Paul Diacre, qui n’est pas suspect de sympethie à l’égerd d’Etienne II, puisqu'il est Lombard, dit que sa venue en France répondait au vœu unanime des populations, ul cunciorum vota anhelabant?, et enfin la Vie de Chrodogany, ouvrage postérieur, mais en mesure d’être bien informé, dit que le voyage du pape fut un triomphe continuel, même en Italie, mais qu’au delà des Alpes, il est impossible de décrire l'immense concours de peuple qui se porta à sa rencontre jusqu’à Paris. Et cette ville, déjà célèbre par sa population et par ses richesses, l’accueillit summa laetitia et exuliatione omnium populorumà,.

1. Fred. Conl. CIX. Haec audiens Rex, cum gaudio et laetitia ingenti Cura eum recipere praecepit.

2. Paul Diacre. Gesta episcoparum Meïtensium. Mon. Germ. SS. II, p. 267. Cumque erat in omnibus locuples (Chrodogang) a Pippino rege ominique Francorum coetu singulariter electus, Romam directus est, Stephanum que venerabilem papam, ut cunctorum vota anhelabant, ad Gallias evocavit.

3. Vita Chrodogangi, auctore, ut videtur, Johanne abbate Gorziensi, Mon. Gem. SS. X, p. 567... exquo Romam urbem sancti sunt egressi, ubicumque adveniebant, occurrebat eis omnis sexus et aetas, omnis dignitas et conditio, cum crucibus et cereis et lampadibus, cum cantibus et choris spiritalibus, et beatum se vere credebat qui vel corum benedictionem vel manuum impositionem adeptus fuisset. Cum vero Alpes, ut dixi, transmeassent dicere ant scribere, fateor, non passum, quae frequentia et concursus, quis apparatus, in sanctorum fiebat adventu, quousque regalem Parisiorum urbem Deo duce et auctore pervenissent... etiam longe positi.. cum muneribus et oratione accurrere maturarent.. Parisius igitur civitatem divitiis et populo locuplens, ingressi summa laetitia et exultatione

De pareilles démonstrations traduisent un cou-

rant irrésistible de popularité, et cependant, le voyage du pape était un gros embarras, qui allait entraîner à une guerre contre les Lombards, nation amie et alliée de longue date. Mais, les plus clairvoyants ne pouvaient pas prévoir ce résultat, que rien encore ne semblait annoncer. L'abbé Droctogang était peut-être seul à connaître la pensée intime d’Etienne IT, et il n’est pas certain qu’il l’ait communiquée entièrement au roi. À l’époque où il avait quitté Rome, il n’était pas encore question de l’exarchat de Ravenne, tout portait à croire que l’intervention demandée se bornerait à une garantie du duché de Rome, concession facile à obtenir d’un voisin avec qui on était en bons termes. Pour cela même cependant, à supposer qu’il ait été pleinement instruit, le roi avait très prudemment évité de prendre aucun engagement. Sur deux demandes du pape, il accepte la première et il se dérobe à la seconde.

Etienne, sans perdre de vue le but final qu’il se propose, se garde bien de lier les deux questions, et il commence par venir en France, L’accueil enthousiaste qu’il y reçoit est pour lui un premier succès, mais qui ne suffit pas. Tout n’est pas fini .par ces belles démonstrations, le pape a quelque chose à demander, le moment viendra de dire net-

omnium populorum excipiuntur. — Le Liher ponliificalis qui ne s'occupe que des Romains, ne dit rien de tous ces témoignages, qui ont commencé en pays lombard. A son entrée en France d’ailleurs, le Pape, pressé d'arriver, marchait rapidement, puisqu'il ne mit que douze jours pour faire 450 kilométres de St-Maurice d’Agaune à Ponthion.

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