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drait-il pas, conjecturerai-je, d'y voir une anticipation do l'hérésie de Marcion? La vierge à qui Marcion aurait fait violence, serait l'Ecclesia virgo.
Marcion, en quittant Sinope, vint à Rome : il est un de ces nombreux chrétiens que Rome attire parce qu'elle est, pour les traditionnels comme pour les agitateurs, un centre unique.
Il n'est pas vraisemblable que ce soit en venant à Rome qu'il passa par Smyrne, où Polycarpe le rencontrant, et Marcion lui ayant demandé s'il le reconnaissait, le vieil évêque lui aurait répondu : « Je reconnais le premier-né de Satan ^ » Marcion aurait été dès lors un hérétique déclaré, on ne comprendrait pas qu'il ait pu peu après être accueilli à Rome avec la bienveillance qu'il y rencontra, à moins de supposer que Rome était peu avertie des sentiments de l'église de Smyrne, ou, ce qui est plus invraisemblable ncore, peu en garde contre les erreurs qui indignaient Polycarpe. On conjecture que la rencontre de Marcion et de Polycarpe se place à Rome, vers 154-155, quand Polycarpe vint \asiter Anicet.
Marcion arriva à Rome au temps où Valentin aussi s'y trouvait : tous deux, rapporte Tertullien, étaient encore catholiques : « Constat illos...in Catholicae primo doctrinam credidisseapud ecclesiam romanensem, sub episcopatu Eletitherii benedicti, donec oh inquietam semper [eorum] curiositalem, qua fratres quoque viliabant, semel et iterum eiecti ^ ». Marcion fait donc profession de la doctrine de la CathoHca et il appartient à cette CathoHca dans les rangs de l'église romaine. Il fit même don à l'église romaine d'une somme de deux cent mille sesterces, que l'église romaine lui restitua