‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 99 sur 216 · DucHESNK, Églises séparées, p · texte numérisé non relu

DucHESNK, Églises séparées, p

S. IlARNACK, Dogmengeschichte, t. I*, p. 480. Entstehung, p. H7-H8.

les églises, établi la liste de ses évêques en remontant jusqu'aux apôtres? Les églises dispersées ne communiquent-elles pas ensemble par l'intermédiaire de Rome? Et l'église de Rome, parce qu'elle est à Rome, n'est-elle pas devenue la règle de toutes les églises?

Cette conception impérialiste du catholicisme serait très spécieuse, si on ne pouvait pas lui faire cette objection, dont M. Harnack n'a pas dissimulé la gravité, à savoir que le développement réalisé par l'église romaine dans son propre sein est un développement qui s'est produit simultanément dans les églises de toutes les provinces; en certaines provinces, il est arrivé à son terme plus tôt qu'à Rome ; en d'autres provinces, il a- retardé sur Rome.

De plus, dès le temps de la controverse pascale, il y a des églises au delà des frontières de l'Empire, dans le royaume d'Edesse, et, le roi d'Edesse étant chrétien, le christianisme est là pour la première fois dans l'histoire une religion d'Etat. Cependant il est parlé des églises qui sontenOsroène comme de celles qui sont en Gaule. Elles ont beau être syriaques de langue, elles sont en correspondance avec l'évêque de Rome, elles attestent entre ses mains leur usage pascal, qui est le même qu'en Palestine, qu'en Syrie, qu'à Rome. Le catholicisme syriaque du royaume d'Edesse est une preuve que le catholicisme n'est pas la roman ité^

1. EuscB. H. E. V, 23, 3. C. BniKirr, Early christianity ouisiàe the roman Empire (Cambridge 189^), p. \\. Le royaume d'Edesse ne fut iucorporé à la province romaine de Mésopotamie qu'en 216. M. Harnack, Mission, t. II, p. H9, veut que le christianisme primitif d'Edesse soit représenté dans l'histoire par Tatien ■ l'assyrien » et par Bardesanest lesquels n'étaient ni l'un ni l'autre des < catholiques >, mais bien plutôt, • au regard de la confédération catholique, des hérétiques bénins ». Ce serait seulement au début du ni« siècle que l'église d'Edesse se serait conformée au christianisme de partout, en recevant

A l'hypothèse de la formation du catholicisme au centre de l'Empire et de son extension à tout l'Empire par voie de conquête, nous opposons donc ce fait que les éléments constitutifs du catholicisme se retrouvent partout dans la chrétienté, et que, dans la mesure où le regard de l'histoire peut le saisir, leur développement est partout en quelque sorte spontané et sans contrainte extérieure. La seule contrainte dont il y ait trace est celle que le pape Victor a voulu imposer aux églises d'Asie dans la question de la pâque, et cette contrainte en fait n'a pas été acceptée, quoique en fait peu à peu et sans éclat les églises d'Asie soient venues à l'observance pascale catholique.

Là est le phénomène révélateur : symbole de fai, épiscopat, canon du Nouveau Testament, primauté romaine, ces institutions dont on veut faire autant de coups d'état perpétrés obscurément par l'église romaine, apparaissent à l'historien comme des principes posés d'abord et dont le développement harmonieux a la continuité propre au développement d'un organisme, qui, une fois créé, grandit selon sa lo-i.

de Sérapion, évêque d'Antioche (190-214), ub évéque, Palut, qui fut le premier évêque catholique, mais non le premier évêque d'Édesse. A cela on peut répondre que Tatien est bien plutôt un grec, et que son activité littéraire a pour théâtre Rome, puis Antioche (BARnENBEVTER, t. I, p. 245). Êdesse et le christianisme syriaque lui doivent le Diatessaron, que les catholiques ont adopté sans difficulté (Harnack, loc. cit.). Quant à Bardesanes, on ne peut décliner le témoi^age d'Eusébe {H. E. iv, 30), qui ie présente comme un Valentinien revenu de son erreur, comme un coniroversiste qui combattit le Marcionisme et les autres hérésies : Eusèbe témoigne encore que les écrits de Bardesanes avaient été traduits en grec. Aux yeux d'Eusébe, Bardesanes ne semble pas avoir été plus hérétique qu'Origéne, et telle a été sans doute l'impression avant le temps de saint Ephrem et de saint Épiphane. Au surplus, ni Bardesanes, ni Tatien, n'étaient évéques en Usroène. — Cf. Tixeront, Les origine» de l'église d'Édesse {PariB 4888), p. 9-49.

Excursus G

MÀRCIONISME ET CATHOLICISiMB.

« Pendant que les charlatans de Syrie propageaient la gnose orientale, avec sa magie, ses éons aux noms étranges et son clinquant sémitique; pendant que de raffinés docteurs habillaient ces drôleries en style philosophique et les ajustaient au goût alexandrin ; pendant que les uns et les autres n'aboutissaient qu'à fonder des loges d'initiés, de haut et de bas étage ; il se trouva un homme qui entreprit de dégager de tout ce fatras quelques idées simples, en rapport avec les préoccupations du commun des âmes, de fonder là-dessus une religion, religion chrétienne, mais nouvelle, antijuive et dualiste, et de lui donner comme expression, non plus une confrérie secrète, mais une église. Cet homme, c'est Marcion^ >

Marcion est né à Sinope, un port du Pont-Euxin. 11 est fils d'un évéque. Il a une grosse fortune. Un trait, qui a été pris vraisemblablement à saint Hippolyte, articule qu'il fut excommunié à Sinope pour avoir séduit une jeune fille : € Marcion, ponticus génère, episcopi filius, propter stuprum cuiusdam virginis ab ecclesiae communicatione ablecfMS 2 >. M»"" Duchesne observe là-dessus que ni saint Irénée, ni Tertullien, peu tendres pour Marcion, ne connaissent cette imputation, dès lors peu sûre. Ne convien-

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