‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 120 sur 216 · Stromat. vii, 17. Hort et Mator,,p · texte numérisé non relu

Stromat. vii, 17. Hort et Mator,,p

2. Voyez un remarquable développement de cette même idée de l'unité de l'Église^ dans le Paedagog. i, 4 (Vin, 260), et dans S(roma^ iii, II (Vin, 1172). On ne peut donc pas dire que Clément change de conception de l'Eglise au xv» chapitre du VII» livre des Stromates, comme le suppose M. Harnack, Dogmengeschichte, t. I*, p. 412, — Les Stromates (ver» 209-211) sont l'œuvre la deraière en date de Clément.

a. Paedagog. i, 6 (VllI, 300 B).

et d'emphase au contraste de l'unité de l'Eglise et de la multiplicité des hérésies. Accordons que Clément n'insiste pas, comme Irénée, sur les liens qui unissent les uns aux autres les membres de ce grand 'corps : toujours est-il que l'Eglise catholique de Clément a une règle de foi, un canon de la liturgie, un canon des Ecritures, une commune tradition. Si, dans ce catholicisme empirique, les évêques n'ont pas le relief qu'ils ont chez Irénée, il n'est pas inopportun d'observer que les églises, unités dont le catholicisme empirique est le total, n'ont pas davantage de relief. Elles n'en existent pas moins individuellement, et leur unité individuelle a pour garantie l'épiscopat monarchique institué, comme les églises ellesmêmes, par les apôtres. Si exubérante que soit dans l'œuvre que nous possédons de Clément la part de la propédeutique philosophique, d'une part, et de la gnose ecclésiastique ensuite, l'armature de la foi est chez lui la même que chez Irénée, son Eglise est hiérarchique et antihérétique.

Peut-être, après les faits que nous venons d'analyser, hésitera-t-on à dire, avec M. Bigg : « Pas un écho de la lutte, qui se livrait de son temps pour le triomphe de la hiérarchie, n'a pénétré dans la tranquille retraite où Clément enseignait et écrivait. Il reflète avec une calme fidélité l'image de l'ancien temps dans lequel il avait été lui-même élevé. Son cœur est avec la république : il est le Samuel de 1» nouvelle monarchie * . »

1. Bicc, Christian Platonists, p. 100. — Pour une plus complèifc description du régime épiscopal contemporain de Clément, il conviendrait de rappeler ce qu'on sait de Sérapion qui fut évéque d'Antioche entre 190 et 311, notamment par Ecskb. H. E. yi, 12. — On pourrait rappeler aussi les deux incidents, si curieux, rapportés par Hippolyte dansle Comment, in Daniel, wm etxix {Hippolytus Werke, t. I, 1, p. 230-234), le premier qui concerne un évéque de Syrie, le

second un ^véque du Pont. Les deux faits montrent combien en chaque église l'évêque était tout, et comment, s'il arrivait quMl manquât de bon sens, il pouvait entraîner toute son église dans l'extravagance que décrit Hippolyte. Le Commentair* sur Daniel date de soi, il est exactement contemporain de Clément.

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