‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 121 sur 216 · CHAPITRE SIXIEiME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEiME

Tertullien, carthaginois de naissance, n'est pas pour rien traité par Eusèbe de romain, car il l'est certes autant qu'Irénée. Tard converti (il dut naître vers 160 et devint chrétien vers 195), devenu aussitôt prêtre de Carthage, apologiste à la manière de Justin et d'Irénée, un instant vrai porte-parole de la chrétienté, soit grecque (il écrit en grec comme en latin), soit latine, il est, avec un éclat tout personnel, eristicus et ardens {>ir*, la tradition-. Puis il verse dans le parti de la « nouvelle prophétie », se révolte contre Rome, et finit dans l'isolement et l'obscurité.

Si Tertullien était mort avant de passer à l'erreur montanisle, son ecclésiologie ne différerait guère de l'ecclésiologie d'Irénée, dont il a d'ailleurs connu et exploité le grand traité Contra haereses. Mais Tertullien n'a pas été que catholique : il a voulu concilier le principe de la règle de foi fondée sur la tradition et le principe de l'inspiration prophétique individuelle. Son catholicisme des beaux jours confirme la

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